Crise politique: risque-t-on vraiment un dérapage de 2 milliards à cause du budget d'urgence?

A la suite de la démission du Premier ministre Charles Michel, le Parlement devrait adopter ce jeudi soir un budget d'urgence, appelé "les douzièmes provisoires". Il doit être voté avant la fin de l'année parce que le budget 2019 préparé par l'ex-gouvernement Michel n'a pas été adopté à cause de la crise politique.

Le nouveau ministre des Finances Alexander De Croo met toutefois en garde. Selon lui, ce budget d'urgence présente un risque de dérapage de deux milliards d'euros. Et ce, notamment parce que le financement de mesures qui coûtent cher, comme le tax shift, était prévu dans le budget 2019.

Un montant maximum 

Mais selon le professeur de finances publiques à l'uMons Joseph Pagano, il existe des solutions pour éviter ce dérapage. "Même en douzièmes provisoires, le gouvernement n'est pas obligé de dépenser tous les montants autorisés par les douzièmes provisoires", explique-t-il. 

"L'idée des douzièmes provisoires c'est de dire que le gouvernement peut dépenser au maximum, par mois, un douzième de ce qui était prévu dans le budget précédent, donc celui de 2018. Mais il n'est pas obligé de le faire. Il peut dépenser moins, et de cette façon-là créer une compensation pour les mesures du tax shift," développe Joseph Pagano.

D'autre part, ajoute-t-il, "le Parlement a parfaitement le droit d'adopter des mesures fiscales ou d'économie générale pour compenser le tax shift. Bien entendu, pour ça il faudrait une majorité mais ça devient un problème politique et pas un problème technique ou budgétaire."

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