Rik Torfs (CD&V): "Le cordon sanitaire fait le succès de Bart De Wever"

Rik Torfs (CD&V): "Le cordon sanitaire fait le succès de Bart De Wever"
Rik Torfs (CD&V): "Le cordon sanitaire fait le succès de Bart De Wever" - © Tous droits réservés

Invité de Matin Première ce mercredi, le sénateur CD&V Rik Torfs a estimé que la stratégie du cordon sanitaire -cette règle implicite qui veut qu’aucun parti ne s’allie au Vlaams Belang pour gouverner, quel que soit le niveau de pouvoir- était une erreur si l’on en jugeait par les conséquences.

"Ce cordon sanitaire, je l’ai défendu depuis pendant très longtemps mais je constate qu’il a eu deux conséquences très négatives", a ainsi expliqué le sénateur.

Ce n’est pas le principe même que vise le démocrate-chrétien flamand mais bien "deux conséquences très négatives" de celui-ci.

Tout d’abord, ce cordon a suscité la "frustration des nationalistes en général en Flandre. Ils ont été exclus et cela explique en partie le succès fou de Bart De Wever", constate Rik Torfs. Ensuite, "cela a donné comme résultat le statu quo absolu au sein des partis traditionnels flamands", ajoute-t-il.

Bart De Wever, un enfant du cordon sanitaire? "Absolument".

Bart De Wever peut-il dès lors être considéré comme un enfant du cordon sanitaire? "Absolument", estime Rik Torfs. "Sans le cordon sanitaire, il (Bart De Wever) n’aurait jamais été là où il est, parce que les nationalistes auraient été mieux représentés et puis les partis traditionnels auraient dû mieux s’organiser".

Dès lors, celui qui est aussi professeur à la KUL appelle à un abandon de cette stratégie. "Je crois que le cordon sanitaire doit être au fur et à mesure oublié parce que cela stigmatise une grande partie de la population flamande", a-t-il estimé au micro d’Arnaud Ruyssen.

"Cela dit, je ne suis pas partisan du tout d’une collaboration avec le Vlaams Belang", a tenu à préciser l'élu CD&V.

Le débat concernant l'attitude des partis démocratiques flamands vis-à-vis du Vlaams Belang s'est posé avec une nouvelle acuité suite à l'impasse des négociations pour former une majorité communale à Denderleeuw.

Dans cette commune de Flandre occidentale, une coalition sp.a-Open Vld fait face à une alliance CD&V-N-VA. Mais ces deux camps ne rassemblent que 11 sièges chacun alors qu'il en faut 13 pour avoir une majorité. Dès lors, les trois élus du Vlaams Belang pourront faire la différence lors du vote pour les échevins qui aura lieu ce mercredi soir. 

Un tel vote pour désigner les échevins avec soutien du Vlaams Belang -sans participation formelle à une majorité- serait-il acceptable? Pour Rik Torfs, "ce n’est pas une bonne idée, mais ce n’est pas une catastrophe non plus".

Julien Vlassenbroek

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