Rik Coolsaet (UGent): "On ressent la peur d'une nouvelle guerre"

Rik Coolsaet, invité du Grand Oral
Rik Coolsaet, invité du Grand Oral - © RTBF

Professeur émérite à l’Université de Gand, Rik Coolsaet est ce samedi 7 janvier l’invité du Grand Oral RTBF-Le Soir sur La Première. Spécialiste des relations internationales, du terrorisme et des mouvements radicaux, il commente tout d’abord le deuxième anniversaire des attentats contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015 à Paris, et l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes.

"Je n’aime pas trop la couverture" réagit d’emblée le professeur. Elle représente un homme barbu qui dirige un fusil vers un autre, avec ce titre ironique : "2017, enfin le bout du tunnel". "Un moment donné, le terrorisme va s’éteindre mais malheureusement pas cette année", explique Rik Coolsaet. Pour lui, la caricature n’est pas utile: "Ce qui est autorisé n’est pas nécessairement ce qu’il faut faire dans une situation de polarisation telle que nous vivons aujourd’hui".

Anis Amri en gare du Nord

Peut-on tout contrôler ? "En renforçant la sécurité à outrance, on tue la démocratie. Il y a un équilibre difficile à trouver", répond Rik Coolsaet. "C’est impossible de contrôler tout le monde sauf à développer un système policier que nous ne souhaitons pas. La course à la sécurité ne pourra jamais être gagnée tant que cet attrait du terrorisme est présent".

La motivation des terroristes

Pour le spécialiste gantois, le moteur des terroristes ne se trouve pas dans la religion. "Pourquoi la Belgique a-t-elle par tête d’habitants plus de djihadistes qui sont partis en Irak ou en Syrie que dans les autres pays de l’Union européenne ?", interroge lui-même Rik Coolsaet avant de répondre : "Il est criant de constater que très peu de ces jeunes ont suivi une éducation scolaire après le secondaire. Il y a ces facteurs de discrimination qui font que la promesse du vivre ensemble en Belgique a été beaucoup moins tenue que dans les autres pays. Pour moi, c’est ça l’explication".

L’imprévisibilité de Trump

Pour Rik Coolsaet, ce que l’on peut espérer, c’est des dirigeants qui recherchent ce qui rapproche les Etats. "C’est ce qu’a essayé de faire de façon magistrale Barack Obama. Je ne suis pas certain que la présidence Trump travaillera dans le même sens", commente-t-il. "Le vrai danger, c’est l’imprévisibilité dans les rapports internationaux pour l’instant car chacune de ces imprévisibilités peut être porteuse d’une escalade vers une crise plus profonde".

Un monde dangereux

"A Washington, à Moscou ou chez nous, on ressent la peur d’une nouvelle guerre", conclut Rik Coolsaet. "Cette guerre, on a cru qu’elle était devenue impossible. Cela dépend des choix posés dans le domaine des relations internationales". 

Un exemple d’un signe d’agressivité actuelle ? "Taiwan", répond Rik Coolsaet du tac au tac. "Donald Trump a traité ce dossier avec insouciance", explique-t-il. "Cette impossibilité pour lui à se rendre compte de l’effet produit sur les Chinois, c’est le mécanisme même que l’on doit craindre: ne plus faire d’effort pour essayer de comprendre comment mes réactions vis-à-vis de l’autre vont être comprises par lui !".

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