Richard Miller (MR): "Que quelqu'un me démontre que ce que nous faisons est antisocial"

Une semaine après la publication du rapport du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) concernant les expulsions de migrants vers le Soudan, la position du MR au sein du gouvernement est loin d’être univoque. D’autant que, dans la foulée, la justice a libéré un migrant soudanais. La position du gouvernement fédéral est-elle compatible avec les droits de l’homme ? Pour Richard Miller, député fédéral MR, cela ne fait aucun doute, même si des procédures doivent être améliorées pour les migrants qui ne demandent pas l'asile en Belgique.

Pour Richard Miller qui dirige le centre d’Etudes Jean Gol, Le rapport du CGRA conforte la politique migratoire du gouvernement. "Nous avons auditionné les rapporteurs du CGRA. Ce rapport démontre que des procédures ont été appliquées et que des améliorations sont nécessaires sur la façon dont l’article 3 de la Convention des droits de l’homme (chargée de protéger les migrants) est appliquée."

Un article 3 qui s'applique mal à la réalité

Et, si c’est sur base de cet article 3 que la justice a libéré un migrant c’est, selon le député MR, parce qu’il s’applique mal à une catégorie de réfugiés. "Nous avons affaire à des personnes qui viennent de pays dangereux, mais ne demandent pas l’asile. Et dans ce cas précis, les procédures sont moins rigides. Le gouvernement de Charles Michel viendra avec des propositions à cet égard."

Car pour le député libéral, membre d’un parti de la majorité, la politique menée par le gouvernement est "juste", avec des procédures "bien respectées": "Nous allons les améliorer, des réunions entre l’‘Office des étrangers et le CGRA sont déjà en cours".

Immigration: le problème politique du XXIe siècle

Pour Richard Miller, ce qui s’est passé dans l’épisode du rapport du CGRA doit avoir un rôle pédagogique au niveau européen. "Cela doit faire école car il n’y a pas de réponse au problème de l’immigration sans la recherche d’une solution européenne."

Pour le député libéral, l’immigration s'impose comme le grand problème politique du XXIe siècle : "Le problème social a été la question politique du XIXe, la question de la démocratie face au totalitarisme a été celle du XXe siècle, et l’immigration et les droits humains est la question du XXIe".

Louis Michel propose la création d’une commission pour évaluer la situation de l’immigration. Cette commission remettra un rapport dans un an pour évaluer tout ce qui s’est fait en matière d’immigration. Pour Richard Miller, c’est ce rapport qui permettra de voir tout ce qui peut être amélioré.

Le MR et l’immigration : Sé-ré-ni-té

Le rapport du CGRA a-t-il altéré la sérénité au sein du MR? Sur la question des visites domiciliaires, le député libéral reconnaît qu’il devait y avoir des "clarifications", notamment sur les hébergeurs humanitaires. "Ces personnes, confrontées à la réalité de la souffrance humaine, dans la rue, doivent être protégées. Des amendements à apporter au texte sont en cours."

Mais quand est évoquée l’interview de Hervé Hasquin, libéral lui aussi, qui a comparé les visites domiciliaires aux "rafles" du régime de Vichy, Richard Miller prend ses distances: "Là, il a tort. La comparaison n’était pas nécessaire...Aujourd’hui le droit belge permet déjà des visites domiciliaires. Nous voulons apporter un encadrement à cela. On veut des règles claires, avec un juge d’instruction".

La ligne du MR se déplace-t-elle sur la droite?

Classé à la gauche du MR, Richard Miller décrit son mouvement comme un grand parti francophone, "peut-être le plus grand aujourd’hui. L’ensemble de la formation est unie et elle n’est pas tirée sur sa droite. L’important, ce sont les résultats de l’action menée au gouvernement. Nous sommes occupés à garantir la sécurité sociale, à créer des emplois et à assurer le paiement des pensions . Que quelqu’un vienne me faire la démonstration que ce que nous faisons est antisocial."

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