Rétro politique 2014: un programme gouvernemental décoiffant

Sans surprise, le programme du gouvernement Michel vire à droite, une première depuis les gouvernements Martens-Gol que les moins de 20 ans ne peuvent (vraiment) pas connaître.

Et la mesure la plus emblématique du programme, c’est l’augmentation de l’âge de la pension à 67 ans, d’ici 2030. Emblématique de l’idée qui anime l’équipe Michel : réaliser des réformes structurelles importantes. Il est à noter qu’aucun des 4 partis de gouvernement (MR, N-VA, CD&V, Open VLD) ne proposait dans son programme électoral une augmentation de l’âge de la pension à 67 ans. Mais c’est la première mesure qui a "fuité", le matin même de l’accord, c’est LA mesure qu’on retiendra du gouvernement Michel.

L’autre mesure forte et typiquement "de droite", c’est le saut d’index. Les quatre partis ont tous évoqué, pendant la campagne, une "nécessaire" baisse des charges pour les entreprises, une amélioration de la compétitivité de la Belgique face à ses voisins, et pour ce faire, le saut d’index est une " nécessité " selon la majorité. On pourrait même parler de "ligne rouge" tant personne, au sein du gouvernement, n’a évoqué la moindre ouverture sur cette question, malgré l’importante contestation sociale qu’a connue notre pays cet automne.

Parmi les autres mesures "décoiffantes", on peut évoquer la volonté de mettre en place un "service minimum" dans le transport ferroviaire, la création d’un "service à la collectivité" rendu par des chômeurs de longue durée, le durcissement de l’accès aux allocations d’insertion, la chasse aux abus renforcée en matière d’asile et de migration ou de fraude sociale. Les régularisations collectives ne font pas partie des plans de la coalition en place.

La sécurité sociale a droit à un nouveau mode de financement, alors que dans le même temps, la norme de croissance passe de 3% à 1,5%.

De façon générale, le gouvernement s’est embarqué dans une cure d’amaigrissement des dépenses de l’État, dans une perspective tant idéologique que budgétaire, pour respecter les engagements européens de la Belgique. Mais aussi, comme le disait Didier Reynders, car "on n’a pas mis les socialistes dehors pour prendre des mesures socialistes".

Himad Messoudi

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