Rétro politique 2014: mobilisation sociale sans précédent

Le 11 octobre, les ministres du nouveau gouvernement prêtent serment dans les mains du Roi, l’accord est bouclé.

Quatre jours plus tard, le Front commun lance son plan d’actions, il estime ne pas avoir été entendu. Le plan est costaud : manifestation nationale, grèves tournantes et grève générale vont s’étaler jusqu’à la mi-décembre.

120 000 personnes se mobilisent dans les rues de Bruxelles le 6 novembre, on n’avait plus vu cela depuis 2005. La mobilisation fédère bien au-delà des syndicats.

Le cortège vient de démarrer, le gouvernement Michel se décide à recevoir les syndicats le jour même. Malgré quelques incidents violents, il nomme un facilitateur: le CD&V Kris Peeters.

Mais la méfiance est grande, le dialogue social ne redémarre pas, rien ne vient du gouvernement. Rien des fédérations patronales qui " sont dans un fauteuil ". Le gouvernement avance avec ses projets : loi programme, arrêtés royaux.

Les grèves tournantes sont un succès, y compris en Flandre… La grève générale aussi. Les syndicats menacent de nouvelles actions dès janvier si rien ne bouge…Mais la fracture est profonde… les fédérations patronales jettent mobilisent contre les grèves, utilisent les réseaux sociaux, tentent de recourir contre les piquets de grève devant la Justice. Ils opposent le droit au travail au droit de grève. Le tout amplifié par les réseaux sociaux.

Au lendemain de la grève générale, Le premier ministre Charles Michel sortira enfin de son silence. Il appelle à la concertation, et à la paix sociale mais n’ouvre pas beaucoup de portes : pas question de sortir du cadre de l’accord de gouvernement. Les syndicats viennent d’annoncer une trêve de Noël, mais restent fermes dans leurs revendications. Enfin, comme une éclaircie, le 18 décembre, le groupe des 10, où siègent patrons et syndicats dégagent un premier accord sur les statuts ouvriers-employés, sur les fins de carrière. Rien de très consistant, mais un premier signe. "Un petit miracle", dira Kris Peeters. Le reste de la coalition montre moins d’enthousiasme.

On reprendra par là en 2015.

Marie-Paule Jeunehomme

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