Respect des mesures en mode "déconfinement": un nouveau "casse-tête" pour les policiers sur le terrain

Respect des mesures en mode "déconfinement": un nouveau "casse-tête" pour les policiers sur le terrain
Respect des mesures en mode "déconfinement": un nouveau "casse-tête" pour les policiers sur le terrain - © AlenaPaulus - Getty Images

Le port obligatoire du masque dans les transports publics à partir de 12 ans, les sorties autorisées pour se promener ou pratiquer un sport " sans contact " avec des extérieurs à la famille, et peut-être bientôt des réunions privées avec des restrictions, tout cela va exiger de la part des services de police une " flexibilité " d'intervention pas évidente à gérer sur le terrain.

Où placer le curseur en matière de tolérance ?

Si la majorité de la population comprend qu'un retour à la situation d’avant le confinement n’est pas à l'ordre du jour, la multiplicité des régimes d'exception au confinement ne va rien arranger pour ceux qui vont devoir les faire respecter.

Sous peine d'augmenter les tensions au sein de la population, le recours systématique à des sanctions financières n'est sans doute pas la meilleure solution.

Des consignes claires à la population  

Pour Eddy Quaino (CGSP-Police), au plus les messages officiels vers la population seront clairs, au plus la tâche des policiers sera simplifiée : " De nombreuses personnes vont retrouver le chemin du travail. Les activités en groupe vont se multiplier. Il y aura beaucoup plus de déplacements. Evaluer ce qui est " essentiel " de ce qui ne l’est pas va devenir un casse-tête. Il faudra se référer à d'autres critères objectifs. L' actualisation de l'arrêté ministériel en préparation doit nous y aider ".

Certitude, de bonne ou de moins bonne foi, le caractère d’un déplacement sera très facile à justifier. Pour les policiers il faudra répondre de manière graduée et proportionnée à chaque situation.  Pour les cas évidents d’écarts à la norme, le système actuel restera d'application : " la sanction lorsqu'on sera clairement " hors-norme " comme lors d'un barbecue en dehors d'un cercle restreint, une " fiesta " privée ou un rassemblement sportif non autorisé…"

Les sociétés de transport doivent s'impliquer

Restera à trancher le délicat problème du port du masque. A un moment d'ailleurs où les policiers eux-mêmes en manquent toujours...

Gares et stations de métro sont des lieux publics dans lesquels transitent de nombreux voyageurs, mais l'occupation des véhicules, trams, bus, trains relève avant tout des sociétés de transport.

Pour Eddy Quaino, à elles aussi de faire respecter les règles : " Elles ont la faculté de refuser l’accès à leurs véhicules pour veiller au respect de la santé des autres voyageurs... La police ne devrait intervenir logiquement qu’à titre subsidiaire ".

Actualiser les consignes données aux policiers 

Une réunion importante se tiendra jeudi après-midi entre hiérarchie policière et représentants du personnel pour faire le point sur l’application des nouvelles directives.

Nul doute que de nombreuses questions vont remonter de la part des policiers. A propos du rôle concret qu’ils devront remplir pour veiller à l’application des consignes sur le terrain mais aussi à propos de leur sécurité personnelle dans un contexte social et sanitaire difficile.