Reprise des cours en maternelles et primaires : les réponses aux questions que vous vous posez

C’est officiel depuis ce mercredi soir : les élèves de maternelle et primaire pourront retourner à l’école respectivement les 2 et 8 juin prochains. Et ce alors que, depuis des semaines, une rentrée avant la fin juin pour la plupart des enfants semblait compromise.

Comment expliquer ce revirement ? Quels sont les élèves concernés ? Ce retour est-il obligatoire ? Réponses.


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Pourquoi rouvrir les écoles alors que, il y a quelques semaines encore, il fallait garder les élèves à distance les uns des autres ?

Dans leur communiqué de presse conjoint les différents niveaux de pouvoir avancent plusieurs raisons qui s’appuient sur les recommandations du groupe d’experts en charge du déconfinement (GEES) :

  • Les indicateurs pertinents dans le suivi de l’évolution de la propagation du COVID19 dans notre pays continuent à être encourageants ;
  • les connaissances relatives au virus se sont étoffées ces dernières semaines au sein de la communauté scientifique internationale ;
  • les experts du GEES indiquent que les études ainsi que l’expérience acquise dans différents pays montrent que les enfants seraient, d’une part, moins affectés par le virus et, d’autre part, moins contagieux.

Dans ce contexte, le fédéral, les régions et communautés estime que rouvrir les écoles "n’entraîne [ra] pas de recrudescence significative de l’épidémie à condition que certains protocoles continuent d’être suivis scrupuleusement".

Le retour à l’école nous semble approprié

Mais ce ne sont pas les seuls facteurs. Après plus de deux mois de confinement, plusieurs experts reconnaissaient un risque pour la santé mentale des plus jeunes. "Plus l’enfant est jeune et plus il s’épanouit grâce aux contacts qu’il ne choisit pas nécessairement au départ", expliquait ainsi fin avril Emmanuel de Becker, pédopsychiatre aux cliniques universitaires Saint Luc.

Dans une lettre ouverte publiée le 19 mai dernier, plusieurs centaines de pédiatres plaidaient pour un retour à l'école. Aujourd'hui, ils saluent la décision du gouvernement. "La situation de l’épidémie en Belgique s’améliore de jour en jour et le retour à l’école nous semble approprié d'autant que le système de tracing est mis en place et confirme le peu de cas positifs chez les enfants", expliquent-ils ce jeudi dans un communiqué.

Sans compter que, au nord du pays, la décision semblait déjà prise avant mercredi soir. Vendredi 22 mai, Ben Weyts, le ministre flamand en charge de l’Enseignement, affirmait sa volonté de rouvrir toutes les classes maternelles et primaires dès le 2 juin.

Qui rentre quand ? Avec quelles protections ?

Un retour à la normale… ou presque. "Une série de choses seront maintenues, a déclaré Caroline Désir, la ministre de l’Education, ce jeudi matin sur La Première. Les gestes barrière, l’hygiène des mains, les parcours dans les écoles…"

C’est écrit dans la circulaire envoyée aux directions d’école ce mercredi (à retrouver en intégralité en cliquant ici) : "Tous les élèves et les membres du personnel doivent se laver les mains (eau et savon ou gel hydroalcoolique) en entrant dans l’école, en entrant dans la salle de classe (après la récréation), après être allés aux toilettes, après avoir toussé ou éternué, après avoir utilisé un distributeur et avant de quitter l’école."

Maternelles : le 2 juin

  • Pas besoin de porter un masque lorsque le professeur s’occupe des enfants;
  • Le respect des distances de sécurité n’est pas nécessaire;
  • La classe étant considérée comme "une bulle de contact", la circulaire ministérielle précise que "sa taille peut être supérieure à 20 élèves". Mais "à partir du moment où la bulle est constituée, tout doit être mis en œuvre pour la maintenir jusqu’à la fin de l’année scolaire".

Primaire : le 8 juin (avec une journée test possible le 5 juin)

  • Les élèves de primaires ne doivent pas porter de masque et, comme en maternelle, le groupe classe peut avoir une taille supérieure à 20 élèves;
  • Pour les enseignants, le port du masque est fortement recommandé si les distances de sécurité ne peuvent pas être respectées;
  • Les consignes relatives aux distances de sécurité pourront être assouplies en ce qui concerne les élèves de primaires entre eux. Elles doivent néanmoins continuer à être d’application entre les élèves et leurs professeurs, entre les enseignants eux-mêmes et entre les enseignants et les parents d’élèves. Ainsi, précise la circulaire, "il est nécessaire de garder une distance de 1,5 mètre entre l’enseignant et les élèves pendant la classe";
  • Lors des récréations, les élèves doivent jouer autant que possible avec leurs camarades de classe selon le principe de "bulle de contacts".

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Secondaires : pas de date fixée

"Les experts ont considéré qu’il fallait traiter différemment le groupe des 0-12 ans, par contre ils rapprochent plus les adolescents d’un public adulte. Nous n’allons pas changer les choses, précise Caroline Désir. Pour l’instant les rhétos et les 7e secondaires sont rentrés, ainsi que les 2e dans beaucoup de cas et les élèves en difficultés. Nous n’allons pas ajouter de la complexité à tout cela."

Les élèves concernés rentrent-ils d'office à l'école ?

Non. La décision revient aux pouvoirs organisateurs, directeurs et directrices d'écoles. Selon Caroline Désir, "les écoles ont la possibilité de faire rentrer tout le monde. Il n'y a pas d'obligation parce que la réalité d'une école n'est pas l'autre. Mais j'invite au maximum les écoles à se saisir de cette possibilité parce que c'est une façon pour elles de terminer l'année".  

Là encore, la circulaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles apporte des précisions : "Les pouvoirs organisateurs, sur base de leurs réalités locales et contraintes propres, peuvent choisir de différer ou adapter cette nouvelle étape de reprise des leçons. Il leur appartient, le cas échéant,de fixer le moment exact de la reprise des leçons et le temps d'enseignement adaptés à leurs possibilités."

Pour la Ligue des familles, cette différence d'un établissement à l'autre risque de créer de la confusion chez les parents. "On comprend bien la difficulté des établissements et des enseignants à se réorganiser en quelques jours, mais pour la Ligue des familles, cela pose problème que tous les enfants n’aient pas le même accès à l’école et que les parents ne sachent pas ce qu’il en sera dans l’école de leurs enfants ce mardi", affirme Christophe Cocu, Directeur général de la Ligue des familles, dans un communiqué diffusé ce jeudi.


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Et si je refuse de mettre mon enfant à l'école, quid de l'obligation scolaire ?

En théorie, en Belgique, l'obligation scolaire commence à l'âge de 6 ans et se termine à 18 ans. La crise sanitaire vient un peu bousculer cette règle.

Dans sa circulaire, la FWB écrit que "les directions seront chargées de répertorier les demi-jours dabsence pour monitorer la situation et établir le contact avec les familles concernées. Ces demi-jours ne devront néanmoins pas être signalés."

Aucune sanction n'est donc prévue pour les familles qui décideraient de ne pas respecter l'obligation scolaire.

Par ailleurs, "des modalités devront être mises en place pour éviter de préjudicier ces enfants dans leur parcours scolaire".


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L'invité de Matin Première: Caroline Désir (28/05/2020)

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