Report du vote sur la dépénalisation de l'avortement : "Une gifle" pour les femmes, dénonce Sophie Rohonyi (DéFI)

Les opposants à la proposition de loi dépénalisant et assouplissant les conditions de l’avortement ont obtenu ce jeudi de consulter le Conseil d’Etat sur de nouveaux amendements.

Ils étaient plus de 50 députés, issus de la N-VA, du CD&V, et du Vlaams Belang, à soutenir la demande. Le cdH était favorable à cette requête mais n’a pas pris part au scrutin.

Le vote final de la proposition, attendu ce jeudi, est une nouvelle fois reporté. Invitée de La Première ce vendredi matin, Sophie Rohonyi, députée fédérale DéFI, dénonce "une gifle" pour les femmes, pour les médecins et pour les acteurs de terrain qui leur viennent en aide.

Des amendements "qui n'apportent rien de neuf"

"Je n’en ai pas dormi. Ce travail était abouti, on avait une majorité. Le texte était consensuel et porté par 8 partis de gauche comme de droite, du nord et du sud du pays", ajoute-t-elle.

Pour l'élue DéFI, "il fallait tenir compte d’une réalité : le rôle du législateur, c’est d’être pragmatique. Chaque année entre 500 et 1000 femmes doivent se rendre aux Pays-Bas [pour avorter] parce que les conditions légales en Belgique sont trop strictes. On doit pouvoir répondre à la détresse de ces femmes, quand bien même elles sont minoritaires".

Sophie Royoni dénonce alors "des amendements déposés par la N-VA, le CD&V et le cdH qui n’apportent absolument rien de neuf par rapport à ce qui a déjà été validé à deux reprises en commission".

"Du marchandage politique sur le dos des femmes"

La députée DéFi s’indigne face à la réaction du CD&V qui a fait barrage dans un contexte de formation d’un gouvernement fédéral. "On ne fait pas du marchandage politique, encore moins du chantage, sur le dos des femmes", estime-t-elle. Tout en interrogeant : "En quoi bloquer cette avancée va pouvoir débloquer la crise politique dans laquelle on se trouve depuis un an ?"

"On est revenu en 2019 avec des textes pour supprimer les sanctions pénales à l’égard des médecins et des femmes, mais aussi pour assouplir les conditions", rappelle Sophie Rohonyi. Pour elle, il est "regrettable que ça bloque. Une minorité refuse de voir une majorité parlementaire qui s’est dégagée".

Je n’ai jamais vu pareille manœuvre dilatoire

Pour les partisans du texte, cette manœuvre n’est rien d’autre que de l’obstruction parlementaire. "Le Conseil d’Etat a dit que [d’un point de vue logistique], le texte était correct. Maintenant il s’agit d’une question politique qui doit être tranchée par le Parlement", souligne Sophie Rohonyi.

Et la députée DéFi de lancer : "Je n’ai jamais vu pareille manœuvre dilatoire [une tactique qui vise à faire gagner du temps, à retarder quelque chose, ndlr]. Quand on était dans l’opposition face à un gouvernement MR-N-VA, on est allés devant le Conseil d’Etat une ou deux fois. Mais pas autant pour cadenasser un débat et empêcher une avancée significative et historique pour les droits des femmes."

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