Répartition des numéros Inami: les politiques réagissent

De gauche à droite : Jean-Claude Marcourt (PS), Catherine Fonck (cdH), Valerie Van Peel (N-VA) et Hilde Crevits (CD&V)
De gauche à droite : Jean-Claude Marcourt (PS), Catherine Fonck (cdH), Valerie Van Peel (N-VA) et Hilde Crevits (CD&V) - © Belga

Les réactions politiques n'ont pas tardé à affluer après l'annonce jeudi en fin d'après-midi de maintenir inchangée la clé de répartition des numéros Inami entre la Flandre et la Wallonie.

Le ministre en charge de l'Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt, a dit jeudi soir dans un communiqué "prendre acte" de l'accord intervenu au sein du gouvernement fédéral. Le socialiste dit toutefois s'étonner que "l'accord ne couvrirait pas l'ensemble des étudiants en cours de cursus et que la clef de répartition des quotas Inami resterait fixée à 60/40 en dépit des recommandations faites par la commission de planification basées sur des éléments objectifs".

Le ministre demande en conséquence à pouvoir disposer "au plus vite" de l'arrêté royal "afin de clarifier les nombreuses zones d'ombre soulevées par la communication parcellaire" de la ministre Maggie De Block. Pour lui, il est "impératif que l'avenir des étudiants en médecine soit préservé et que la viabilité des facultés de médecine de la Fédération Wallonie-Bruxelles soit garantie".

"La décision autonome et unilatérale du gouvernement fédéral démontre à suffisance que c'est ce dernier qui dispose des principaux leviers pour pouvoir résoudre la situation des étudiants en médecine".

"Je suis satisfait de voir le gouvernement fédéral se saisir enfin de ce dossier primordial", ajoute Jean-Claude Marcourt dans son communiqué. Celui-ci ne fait toutefois aucun écho à l'exigence posée jeudi par le fédéral d'instaurer un examen d'entrée au début des études de médecine pour garantir un numéro Inami à tous les étudiants actuellement engagés dans des études de médecine.

Pour Catherine Fonck, "le MR a cédé au diktat de la Flandre"

La députée fédérale cdH Catherine Fonck a déploré jeudi soir le maintien par le gouvernement fédéral de la clé de répartition actuelle de quotas Inami entre la Flandre et les francophones, malgré les recommandations d'adaptation au profit de la Fédération Wallonie-Bruxelles formulées par la commission de planification au début de l'été.

"Tout cela est balayé d'un revers de la main! Je suis étonnée que le MR ait cédé ainsi au diktat de la Flandre", a réagi Catherine Fonck, elle-même médecin, sur le plateau de Jeudi en prime. La centriste a dit ne pas comprendre ce statu quo alors que la carence de médecins dans certaines communes de Wallonie et de Bruxelles a été démontrée "sur base scientifique".

Il convient, a-t-elle encore plaidé, de garantir à présent un numéro Inami à tous les étudiants engagés dans la filière médicale, ce à quoi la ministre De Block s'est d'ailleurs publiquement engagée jeudi en échange de l'instauration d'un examen d'entrée à l'entame des études de médecine. Une épreuve à laquelle l'élue centriste a d'ailleurs apporté son soutien jeudi soir.

"Le gouvernement fédéral met les points sur les i", se félicite la N-VA

La N-VA, par la voix de sa députée fédérale Valerie Van Peel, s'est réjouie jeudi soir de l'accord intervenu au sein de la majorité fédérale sur le nombre et la répartition de quotas Inami pour 2022. "Ce gouvernement met les points sur les i", a-t-elle commenté après la décision de préserver, contre l'avis de la commission de planification de l'offre, la clé répartition 60/40 entre la Flandre et les francophones et de réclamer clairement l'instauration un examen d'entrée aux études du médecine en Fédération Wallonie-Bruxelles.

"Ce n'est qu'après (l'adoption de cet examen d'entrée, ndlr) qu'il sera possible d'octroyer aux étudiants francophones prochainement diplômés un numéro Inami, avec la condition supplémentaire que le surplus de médecins diplômés du passé soit également compensé. Nous mettons la responsabilité de toute cette impasse pour les étudiants francophones en médecine là où elle se situe: auprès du gouvernement de la Communauté française", a ajouté la députée Van Peel.

"C'est maintenant à Marcourt de poser le premier pas et d'introduire cet examen d'entrée. C'est seulement après cela que nous prendrons une décision afin de résoudre ce dossier vieux de 18 ans une fois pour toutes", a-t-elle conclu.

Hilde Crevits (CD&V) salue le maintien de la clé de répartition

La ministre flamande en charge de l'Enseignement supérieur, Hilde Crevits (CD&V), a salué jeudi soir l'accord du gouvernement fédéral sur les quotas Inami pour 2022. "Il est important que la clé de répartition 60/40 soit préservée et que la Communauté française soit invitée à introduire un examen d'entrée au début de la première année de médecine", a commenté Hilde Crevits.

En juillet dernier, celle-ci avait fermement dénoncé l'inaction, selon elle, des francophones pour limiter l'afflux d'étudiants dans la filière médicale. "Le contrôle du nombre total de médecins est crucial pour la soutenabilité financière du système de soins de santé", insiste Hilde Crevits.

Pour la ministre CD&V, il est positif que le gouvernement fédéral maintienne "sa politique au sujet du partage des quotas entre les Communautés et prenne finalement en compte la réalité du surplus de diplômés francophones".

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