Réouverture des écoles : on se prépare à marche forcée, heureux mais pas serein non plus

Les élèves de maternelle pourront rentrer à l'école dès ce mardi.
Les élèves de maternelle pourront rentrer à l'école dès ce mardi. - © Pexels.

Ce mardi, les élèves de maternelles pourront regagner les salles de classe. Pour beaucoup, parents comme enseignants c’est un soulagement. Sur le fond, tout le monde s’accorde, les enfants doivent retourner à l’école. Mais c’est un soulagement mêlé à un peu d’appréhension aussi. Il faut à la fois préparer les établissements scolaires très rapidement mais aussi reprendre les bonnes habitudes quelque peu oubliées pendant ces deux mois de confinement. Un avant-goût aussi de ce qui se passera pour les primaires dès le lundi 8 juin.

A l’école libre Roi Baudouin de Spa, la directrice Véronique Erkenne est sur le pied de guerre. Elle se réjouit de cette réouverture. "Je n’aurais pas accepté que l’on puisse retourner dans les cafés et les restaurants sans que l’école ne recommence", explique, soulagée la directrice d’école.

Une préparation au pas

"J’ai de la chance parce que j’ai beaucoup d’espace", dit Veronique Erkenne. N’empêche qu’entre les précédentes directives et celles mises en place actuellement, la directrice n’a pas arrêté. "A l’entrée, j’ai fait un chemin pour une de mes classes maternelles. J’ai fait un sas pour mes classes maternelles". Et d’ajouter, "jeudi et vendredi, nous avons travaillé sur l’organisation de l’arrivée en maternelle. Toutes les choses des enfants ont dû être mises dans un sachet avec leur prénom".


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Et il faut du gel désinfectant un peu partout, "c’est ce qui coûte le plus cher", précise la directrice.

Sur la forme, c’est la colère

Il faut dire que les écoles ont eu très peu de temps pour se préparer. Ils n’ont appris la nouvelle que mercredi dernier. Et ils ont dû tout réinventer. "C’est un peu comme si vous avez travaillé et on vous dit finalement on va faire autrement", indique, blasée, la directrice.

C’est changement de cap qui fait grincer des dents dans le milieu de l’enseignement. En effet, de nombreux directeurs d’écoles dénoncent un changement radical de politique.

D’ailleurs, les syndicats s’échauffent. La CGSP enseignement a déposé un préavis de grève et demande un report de cette rentrée, qui a dû être préparée à la hâte. Rappelons tout de même, que l’ouverture des écoles dépend aussi de la capacité de chacune d’elles à pouvoir mettre en place les mesures de distanciation sociale et les gestes barrières.


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Si les deux autres syndicats, SLFP et CSC n’ont pas suivi le préavis de grève, ils dénoncent aussi ces mesures trop rapides.

Un contexte peu propice à une ouverture sereine.

Stress aussi chez les parents

Il n’y a pas que les enseignants qui sont stressés par cette rentrée pour le moins particulière. Pour les parents aussi, le stress est là. D’autant qu’en deux mois de confinement, et c’est bien normal, les parents ont dû lâcher du lest : se coucher plus tard, rester plus longtemps sur les écrans… Bref des tas de mauvaises petites habitudes qu’il va falloir gommer.

Pour la psychologue pour enfants Soline d’Udekem, rien ne sert de paniquer. Selon elle, "il n’y a pas de canevas strict à respecter. […] Je pense que c’est bien, tout doucement, de remettre des règles à propos des écrans […] mais tout cela peut encore se faire dans deux semaines et il ne faut pas se stresser".

Et le plus important, estime la psychologue, c’est avant tout "de bien faire comprendre ces règles de sécurité et ces règles sanitaires aux enfants".

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