Rentrée scolaire : "Il faut mettre l’accent sur les enseignements essentiels, tant pis si une petite partie est perdue", affirme Julien Nicaise (WBE)

Fin août, ce sont surtout les élèves qui sont angoissés à l’idée de reprendre le chemin de l’école ; les parents sont plutôt soulagés. Cette année, c’est un petit peu différent : certains parents ont même décidé de ne pas réinscrire (pour le moment) leur enfant, par peur de la contamination au coronavirus.

Pourtant, du côté de la FWB, on reste serein. "On a déjà montré qu’on était capables de mettre des choses en place, rappelait Julien Nicaise, l’administrateur général du pouvoir organisateur des écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles (WBE), au micro de Matin Première ce mardi. On s’était déjà organisés au printemps dernier [en juin, à la sortie du confinement, ndlr], il faudra continuer."


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Est-ce que pour autant les conditions sont vraiment les mêmes qu’au mois de juin dernier ? Pas exactement, rectifie Julien Nicaise. Mais "les stages et les camps scouts ont pu rouvrir", note-t-il, rappelant qu’il y a eu "des assouplissements assez forts", mais qu’en règle générale, "les équipes de direction travaillent" à ce que tout se passe de manière bien organisée, dans le cadre du code jaune décrété par les autorités.

Pas question de brusquer en tout cas les élèves, dont certains ne sont pas rentrés au printemps et n’ont donc pas assisté à des cours depuis six mois… "C’est très important de remettre calmement le rythme en place, rassure Julien Nicaise. Il faut faire confiance aux enseignants, ils ont l’habitude de recevoir de nouveaux élèves." Selon l’administrateur général, les professeurs pourront donc donner un "diagnostic" sur leur classe, étudier l’hétérogénéité du niveau, afin d’organiser des rattrapages.


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Les rattrapages, justement, sont un des enjeux de cette rentrée : dans certaines matières, il y a eu du retard causé par le confinement. Comment rectifier cela ? "Ce qui est important, c’est de mettre l’accent sur les essentiels", affirme Julien Nicaise. Des essentiels dans lesquels il y aurait des lacunes, comme l’apprentissage de la lecture ou les mathématiques en primaire. En revanche, pour ce qui ne concerne pas l’essentiel… il faudra s’en passer pour le moment. "Si une petite partie est perdue, elle sera perdue", assume l’administrateur général.

Si la rentrée est un peu chamboulée par les événements de ces derniers mois, les enseignants ont toutefois pu expérimenter, notamment dans le domaine de l’informatique. Un point qui selon Julien Nicaise a été "un effet positif de la crise" : désormais, les professeurs savent ce que veut dire faire cours à distance, via un portail informatique.

On ne peut pas demander aux étudiants d’écrire sur smartphone

Ils peuvent d’ailleurs continuer à se former, comme s’en félicite l’administrateur général : "Les enseignants les plus au fait sont les premiers à être venus, puis on a vu tous les autres venir pour s’aider et développer leur pratique." Devant la nécessité de créer une "communauté" de professeurs dans l’informatique, la FWB a lancé un appel : "Nous avons demandé des référents dans chaque école, explique Julien Nicaise. On les met tous en réseau, et on partage."

Du côté des élèves, en revanche, la question se pose : ont-ils tous un bon accès à l’informatique ? Selon une étude, plus de 90% d’entre eux en disposaient. Pas suffisant, selon Julien Nicaise : "Cela veut dire que 8 ou 10% d’entre eux n’y ont pas accès, il faut pouvoir pallier les difficultés de ces élèves." Car, même si la plupart des adolescents, par exemple, disposent d’un smartphone, l’outil a ses limites : "On peut organiser une réunion Zoom, mais impossible de demander aux étudiants d’écrire via un smartphone", précise Julien Nicaise.


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Pour les professeurs, cela veut donc dire leur transmettre les cours et les exercices en papier. Quelque chose qui n’était pas faisable lors du confinement, mais qui sera plus facile cet automne. "Même en code rouge, l’ensemble des élèves vient deux jours et demi, soit la moitié de la semaine pour le secondaire, à l’école", note Julien Nicaise.

Dernière interrogation, qui fait toujours débat dans le monde politique, le port du masque dans le secondaire. Il devrait être obligatoire pour tout le monde, élèves et professeurs. Mais ces derniers ne seront pas obligés de le porter en permanence : "ils sont autorisés à retirer le masque lorsqu’ils ne donnent pas cours à voix haute, entre les cours et lors des récréations", rassure l’administrateur général.

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