Rentrée parlementaire: Charles Michel veut en finir avec le handicap salarial

Le Parlement fédéral effectuait ce mardi matin sa rentrée avec le traditionnel discours de politique générale du Premier ministre. Ambiance studieuse pour cette deuxième fois, sans les chahuts que la suédoise a connu l'an dernier pour sa première rentrée.

Charles Michel a donné les grands axes de sa politique et de son budget pour l'année à venir, mettant l'accent sur le rôle des PME et sur le social avec le soutien aux bas et moyens salaires et la lutte contre la pauvreté. 

"Optimiste mais réaliste"

"L'économie belge est aujourd'hui sur la bonne voie" : le Premier a dressé le bilan d'un an d'action politique de la suédoise, se refusant à toute forme de "triomphalisme" alors que l'économie belge est traditionnellement dépendante d'une situation internationale, qui est actuellement difficile.

"Les signaux économiques sont bons mais ne sont pas encore assez structurels" : Charles Michel s'est d'abord félicité des bons résultats économiques engrangés par la Belgique, promettant l'équilibre budgétaire en 2018.

La croissance est de retour, elle est certes légèrement en-dessous de la moyenne de la zone euro, mais ce gouvernement n'en est qu'à ses débuts, a souligné Charles Michel, rappelant les mesures prises, comme le "tax shift" pour favoriser le pouvoir d'achat et offrir aux entreprises un cadre permettant la création d'emplois. 

Une obsession : créer les conditions pour plus d'emploi

"Créer les conditions pour plus d'emplois dans notre pays. Jobs, jobs, jobs", a insisté le Premier ministre, tout en reconnaissant qu'il reste du travail à faire en termes de compétitivité mais aussi de standards sociaux. "Liberté, solidarité et responsabilité sont les pierres angulaires de notre projet commun".

La Belgique ne pourra pas tout, toute seule, raison pour laquelle elle s'engage aussi dans l'approfondissement de l'Union économique et monétaire européenne, a dit Charles Michel.

"Cette réforme historique profite aux gens qui travaillent, surtout les bas et moyens revenus", note le chef du gouvernement. "Les premières décisions n'ont pas toujours été faciles à prendre. Nous devons certainement mieux expliquer. Nous devons mieux convaincre", a-t-il dit.

En finir avec le handicap salarial

Détaillant les changements dans des secteurs clés comme la construction ou l'horeca, le Premier ministre a fait la liste des progrès déjà réalisés et promis "d'aller encore plus loin" sur la voie du glissement de fiscalité.

"Jamais encore un gouvernement n'a fait autant usage des revenus du capital pour abaisser les charges sur le travail", une affirmation qui n'est pas sans déclencher l'hilarité de l'opposition. 

Pour le Premier MR, le handicap salarial avec les pays voisins qui a coûté des milliers d'emplois doit être combattu, et chiffres à l'appui, il affirme vouloir en faire "un mauvais souvenir du passé", promesse largement applaudie sur les bancs de la majorité. Pour cela, une recette pour le gouvernement Michel : abaisser les charges.

La suite a été accueillie avec autant de ferveur par les élus MR, N-VA, VLD et CD&V : booster l'emploi, stimuler la relance, aider les entreprises, PME, indépendants. "Nous voulons soutenir ceux qui prennent des risques de façon à créer des emplois supplémentaires. Cette réforme historique bénéficie aux travailleurs, surtout aux bas et moyens salaires", a expliqué Charles Michel.

Citant "l'économie digitale (qui) devrait croître de 8%", Charles Michel affirme que "nous devons être au rendez-vous".

Option militaire en Syrie

En Syrie, "l'option militaire" n'est pas exclue pour le gouvernement belge qui appelle de ses vœux une approche "diplomatique, humanitaire et politique".

Charles Michel a ensuite dressé un tableau de la lutte contre le terrorisme avant de passer aux enjeux de la crise des réfugiés, plaidant pour "une politique migratoire humaine mais ferme", et notamment pour un renforcement des frontières extérieures de l'Union européenne et la mise en place de hotspots.

"Nous sommes sur la bonne voie. Nous allons poursuivre" : à 10H55, Charles Michel a conclu son discours en demandant la confiance. La motion une fois déposée, la Chambre pourra la voter dans deux jours, soit jeudi, après le débat programmé mercredi. La majorité a applaudi, l'opposition semble moins convaincue : elle est restée de marbre mais risque bien de s'époumoner dès demain pour le débat.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK