Rentrée de la FWB: ambiance tendue, un dossier de subvention pour l'aide à la jeunesse toujours bloqué

Après cinq semaines d'interruption estivale, le gouvernement PS-cdH de la Fédération Wallonie-Bruxelles fera ce mercredi sa rentrée politique, et ce malgré le projet — avorté à ce jour — des centristes de renvoyer les socialistes dans l'opposition, comme ils l'ont fait le mois dernier en Région wallonne.

Des relents de trahison

Si les socialistes ne sont pas prêts de pardonner à Benoît Lutgen — le "traître", selon les mots d'Elio Di Rupo ce mardi matin encore dans les colonne du Soir — ceux-ci entendent néanmoins continuer à faire fonctionner l'institution dans un esprit "constructif", et "sérieux", dit-on mardi dans l'entourage de Rudy Demotte. Le ministre-président, sur les ondes de La Prem1ère, lance un appel aux déçus du cdH : "Le PS offre une alternative".

Même tonalité auprès des ministres cdH où, malgré l'embrouillamini politique actuel, on n'entend continuer à travailler. "Comme depuis le début de l'été, la priorité est d'assurer le bon fonctionnement dans nos compétences respectives. C'est notre responsabilité envers les secteurs et citoyens", fait valoir Alda Greoli, vice-présidente du gouvernement.

Rudi Vervoort, ministre-président bruxellois, appelle lui le cdH a prendre position, et veut "aller jusqu'au bout". "Il faut devenir à nouveau loyal par rapport à l'accord et ne pas avoir un pied dedans, un pied dehors."

Plusieurs arrêtés ministériels sur la table

Les ministres PS et cdH se retrouvaient pour la première fois depuis le renversement de l'alliance entre socialistes et centristes en Région wallonne. Malgré l'échec de l'opération lancée le 19 juin en Fédération Wallonie-Bruxelles, les ministres cdH ont choisi de ne pas démissionner. "Démissionner, ce ne serait pas prendre ses responsabilités car cela entraînerait un blocage des institutions", a expliqué la vice-présidente cdH, Alda Greoli, à son arrivée au siège du gouvernement.

La réunion s'est passée dans le respect mutuel, a-t-on indiqué de part et d'autre.

"C'est sûr que ce n'était pas les folles embrassades, mais il y avait une ambiance de respect mutuel et on a travaillé concrètement, touché à l'enseignement, la fonction publique, la jeunesse, etc. Ce n'était pas un gouvernement formel. Tant chez les ministres PS que cdH, on a vu la volonté d'avancer dans les dossiers. C'est une crise dont les effets ne peuvent être le blocage des dossiers dont la population a un grand besoin. Il peut y avoir un désamour effectif entre les partenaires, mais ils doivent continuer à s'occuper de la maison", a souligné M. Demotte.

A l'ordre du jour, 35 points étaient inscrits et 33 ont fait l'objet d'une décision. Deux ont été reportés à la semaine prochaine. Des dossiers de subvention d'associations d'aide à la jeunesse sont bloqués depuis le mois de juillet. Le cdH émet de sérieux doutes sur la publicité d'un appel à projets qui aurait surtout bénéficié, selon lui, à des associations proches du PS. Le cdH veut des assurances quant à "l'objectivité" de la répartition de ces aides.

Interviewée par notre journaliste politique Rachel Crivellaro, la ministre cdH de l'Action sociale attend des réponses de la part du PS: "Je rappelle qu'il y a des procédures, des appels à projet qui doivent se faire dans la régularité(...)." "J'attends de monsieur Madrane [ministre de l'Aide à la jeunesse, ndlr] qu'il me donne la preuve qu'il a effectivement géré ces dossiers dans le respect d'un appel à projet."

PS et cdH condamnés à cohabiter

Vu l'échec du cdh et du MR à convaincre DéFI de constituer une majorité alternative en Fédération Wallonie-Bruxelles, PS et cdH semblent donc pour l'heure condamnés à poursuivre leur cohabitation jusqu'aux prochaines élections, mi-2019.

Poursuivront-ils pour autant la mise en oeuvre de la déclaration de politique communautaire (DPC) -- leur contrat de mariage, ndlr -- négocié en 2014? Ou bien se contenteront-ils, faute de mieux, de gérer simplement les affaires courantes jusqu'à la fin de législature?

Davantage au cdH qu'au PS, la question embarrasse. "Cette question est prématurée", dit-on chez Alda Greoli, "Les équipes continuent de préparer les dossiers afin qu'ils soient prêts le moment venu".

Dans l'entourage de Rudy Demotte, malgré la situation actuelle inédite, on n'entend pas se détourner de la DPC. "Il n'y a pas de raison de la remettre en cause. Il y a un contrat. On fera le job...".

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