Rénovation des bâtiments scolaires: le syndicat socialiste réclame un cadastre et une priorité au déficit énergétique

Rénovation des bâtiments scolaires: le syndicat socialiste réclame un cadastre et une priorité au déficit énergétique
Rénovation des bâtiments scolaires: le syndicat socialiste réclame un cadastre et une priorité au déficit énergétique - © OPHELIE DELAROUZEE - BELGA

Le syndicat socialiste SETCa-SEL a plaidé dimanche pour l'application d'une clé de répartition de la manne européenne pour les bâtiments scolaires qui prenne en compte le déficit réel de performance énergétique, et non plus des clés "élèves" ou "propriété des bâtiments".

Pour ce faire, il réclame un cadastre précis de l'état de ces bâtiments et des dépenses publiques effectuées dans les bâtiments scolaires de l'enseignement subventionné.

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles devrait revenir cette semaine sur une éventuelle révision de la clé de répartition entre les réseaux d'enseignement des fonds européens destinés à rénover les écoles. De nouvelles concertations avec les acteurs de l'enseignement sont en cours.

58,5% de l'argent pour le réseau officiel

Dans le cadre du plan de relance européen, la Fédération Wallonie-Bruxelles va, pour rappel, percevoir quelque 230 millions d'euros de l'Europe pour assurer la rénovation (énergétique) de ses écoles.

Le ministre des Bâtiments scolaire, Frédéric Daerden (PS), a affiché son intention d'accorder un peu plus de 58,5% de cette manne à Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE), l'ancien réseau officiel de la Communauté française. Le solde serait partagé entre tous les autres réseaux (communal, provincial et libre).

Cette ambition a suscité une levée de boucliers auprès du secrétariat général de l'enseignement catholique (SeGEC), lequel dit ne pas comprendre que WBE, qui scolarise 15% seulement des élèves de Wallonie et de Bruxelles, puisse ainsi capter à lui seul plus de la moitié du financement européen.


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Face à cette bronca aux relents de guerre scolaire, Frédéric Daerden avait assuré que la clé avancée n'était "qu'indicative", tout en évoquant la possibilité d'"ajustements".

Trois pistes d'adaptations sont sur la table: une révision de clé de répartition, une analyse qualitative des dossiers de rénovation avec l'application d'un principe de "vases communicants" et, enfin, le recours à un effet de levier.

Au bénéfice de toute la société

Les ministres ont aussi évoqué jeudi dernier la question de la propriété des bâtiments du libre, qui juridiquement sont des propriétés privées et non publiques. Ceux-ci veulent en effet éviter d'investir de l'argent public dans des bâtiments privés qui pourraient ensuite être réaffectés à d'autres usages, voire revendus.

Pour le SETCA-SEL, si l'enveloppe de la Banque européenne d'investissement (BEI) fait bien partie d'un plan qui vise à corriger la performance énergétique de tous les bâtiments utilisés pour de l'enseignement scolaire dans le cadre d'une politique climatique, la clé "élèves" ou la clé "propriété des bâtiments" ne constituent pas la bonne approche.

"Dans la mesure où il s'agit d'une politique européenne au bénéfice de toute la société, il serait plus pertinent de donner la priorité aux bâtiments qui se trouvent en situation de déficit réel de performance énergétique", affirme le syndicat dans un communiqué.

Il juge légitime que les propriétaires de bâtiments scolaires tiennent à disposition de l'autorité publique un cadastre de l'état de leur patrimoine, quand ils font appel au financement des pouvoirs publics pour la construction ou la rénovation de leurs infrastructures.

 

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