Renouvellement des F-16: Eurofighter défend son avion Typhoon, un "avion européen"

L'avion de combat Typhoon durant un exercice
L'avion de combat Typhoon durant un exercice - © FRANCO SILVI - BELGAIMAGE

Ce jeudi était jour d’offensive de charme du côté d’Eurofighter. Plusieurs rencontres étaient au programme pour les cadres du consortium, que ce soit avec le monde politique (même si aucun nom n’a été cité) et économique belge ou avec la presse, ceci alors que la Belgique cherche toujours un remplaçant pour ses F-16 vieillissants. Un appel d’offres à plusieurs milliards d’euros a été lancé en mars auprès d’une série d’avionneurs.

Actuellement, il reste dans le cadre de cet appel d’offres le F-35 de l’Américain Lockheed Martin et l’Eurofighter Typhoon d’un consortium dominé par la Grande-Bretagne. La France avec ses Rafale est sortie de l’appel d’offres, mais propose à la Belgique un partenariat stratégique. Le gouvernement belge n’a pas encore tranché entre les uns et les autres. En attendant, publiquement comme en coulisses, les candidats s’activent pour tenter de convaincre, d'où cette rencontre, un point presse détendu dans un petit centre de conférences bruxellois.

Autour d’une table ronde, une poignée de journalistes et quelques hauts cadres représentant le consortium Eurofighter avec un message très simple. On parle beaucoup de construction d’une défense européenne et donc de choix à faire (par la Belgique), notamment d’abord de partenaires européens – ce que disent par exemple les Français pour vendre leur Rafale et écarter le rival américain F-35 -. Du côté d’Eurofighter, avec ses partenaires britanniques, espagnols, italiens, allemands, on rappelle qu’on est "européens, partisans d’une Europe de la Défense forte et indépendante". De plus, "c’est l’avenir de l’aérospatiale" pour les 30 prochaines années. Les cadres présents britanniques, espagnols et italiens parlent de "communauté" et de "famille" pour se vendre. Ils soulignent aussi que, même en cas de Brexit accompli, l’avion restera conçu et fabriqué à 70% par des entreprises établies dans l’Union européenne…

Les nécessaires retombées économiques

Autre point fort du message du jour: côté retombées économiques cette fois, Eurofighter a déjà créé 7.000 emplois directs et indirects en Belgique, dans les différentes firmes, fournisseurs, entreprises qui participent actuellement à son programme. En cas d'accord avec la Belgique, on en promet au minimum 1.600 à 1.700 de plus alors que la France, sortie de l’appel d’offres régulier mais qui veut rester dans la course, promet 1.500 emplois au travers d’un "partenariat stratégique". De plus, Eurofighter a proposé aujourd'hui de créer en Belgique deux centres nationaux d’innovation technologique – un en Flandre, l’autre en Wallonie –, sortes d’incubateurs à idées, où se croiseraient universités, centres de recherches et entreprises liées à l’aérospatial en Belgique. Ceux-ci deviendraient des centres d’expertise internationaux sur l’avion de combat du futur avec là aussi collaborations, synergies promises et créations d’emplois. De quoi booster l’industrie locale.

Le principe a été adopté et signé ce jeudi entre les représentants européens d’Eurofighter (les quatres nations membres, les représentants de BAE Systems, Airbus Defence & Space, Leonardo et la société européenne dans la conception de de systèmes de missiles ainsi que MBDA) à Bruxelles, en présence symboliquement dans les locaux de l’ambassade de Grande-Bretagne de la ministre britannique des acquisitions de Défense Harriett Baldwin. Ces centres font donc partie de l’offre industrielle du constructeur à la Belgique si le Typhoon est sélectionné.

Autant d’éléments que le constructeur voudrait voir peser dans les réflexions et les futures délibérations du gouvernement belge.

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