René Collin: "L'agriculture est un enjeu de société. Un vrai contrat social"

Cette journée est marquée d’une pierre blanche pour René Collin, ministre wallon de l’Agriculture, qui va à a fois inaugurer la foire agricole de Libramont et participer, au parlement wallon, à la procédure de remplacement du gouvernement wallon : le vote de méfiance constructive. Mais il le promet, il sera présent chaque jour à la Foire annuelle de l'agriculture. 

La situation est plutôt aisée pour René Collin qui change de gouvernement, mais conserve son portefeuille. Même s'il y aura des nouveautés, promet le ministre. Face au risque que représente une majorité étroite, le ministre rétorque qu’une rupture était nécessaire. "Nous aurons une Wallonie plus forte. Je lance même un appel à l’opposition. Au-delà des dossards politiques, nous devons tous travailler dans le seul but de l’intérêt général de la Wallonie… Il faut doper l’activité et réduire les coûts dans les pouvoir publics et viser une meilleure transition écologique."

Mais la nouvelle coalition impose au cdH de travailler avec celui qu’il a toujours critiqué. Et sur le plan local, il rencontrera Willy Borsu qui sera son concurrent à Marche-en-Famenne lors des prochaines élections. Mais René Collin balaie les obstacles potentiels en assurant que " le seul match qui compte est celui de l’emploi, de la cohésion sociale et de la justice sociale. Nous allons le gagner ensemble."

Placer la qualité au-dessus de tout

Sur un plan plus concret, René Collin promet d’être présent tous les jours de la foire pour rencontrer un public très diversifié de familles et de délégations étrangères. "Libramont a pris une place dans l’économie." Une économie qu’il dit vouloir rendre moins dépendante des marchés extérieurs, en privilégiant les circuits courts. "Nous voulons une Wallonie sans OGM qui place la qualité au-dessus de tout."

Il faut acheter du made in Wallonia

Parmi ses actions, le ministre de l’agriculture revendique  une nouvelle IGP (reconnaissance de qualité supérieure) pour l’élevage de Banc Bleu Belge. "C’est important pour nos éleveurs et pour nos consommateurs qui veulent de la traçabilité et aussi privilégier une alimentation de proximité. Notre élevage est extensif, lié à l’herbe." 25 autres labels seront déposés d’ici 2020. Il est notamment question du saucisson d’Ardenne et du miel wallon. Des label territoriaux sont aussi annoncés, comme pour l’Escavèche de Chimay. "C’est important pour l’agriculture, l’artisanat, l’horeca et l’activité touristique." souligne René Collin qui est, aussi, ministre du tourisme et des Aéroports.     

Et le ministre n'hésite pas à se muer en VRP de luxe pour l’agriculture: "La Wallonie est le facteur essentiel de l’attractivité de notre région. Il faut acheter du 'made in Wallonia'… Nous voulons mieux valoriser la qualité mise en avant par les agriculteurs…. Il faut nourrir le dialogue avec les secteurs de la distribution et de la transformation. L’agriculture est un enjeu de société. Un vrai contrat social." Le ministre veut que la transformation se déroule davantage en Wallonie. "C'est bon pour l’agriculteur et pour l’emploi. et cela signifie moins de produits phytosanitaires." Quant à la recherche dans le secteur, il peut compter sur un plan triennal de durabilité du secteur agricole et de réponse aux enjeux climatiques.

Une Europe trop libérale

Le ministre Collin réserve une banderille à l’Europe. "Nous travaillons à des prix justes, l’Europe mène une politique trop libérale qui fait une confiance aveugle dans les marchés."

Et précisément, la Politique Agricole Commune européenne (PAC) arrive à son terme en 2020. Il faudra alors signer un nouveau contrat, avec des moyens sans doute réduits, notamment par le départ de la Grande-Bretagne. Que doit faire la Belgique?  "Privilégier les agriculteurs actifs et pas des sociétés écrans qui géreraient nos élevages" répond René Collin qui plaide pour une simplification administrative : "L’administration doit être un levier et pas un frein."

Supprimer les provinces, pas les services

L’annonce de la suppression des provinces suscite réactions et crispations dans le Luxembourg où une pétition du PS circule pour demander le maintien des provinces. Pour René Colin, les provinces coûtent trop chères. "Elles ont déjà été réformées, mais insuffisamment. Je suis attaché à ce que les services continuent à être prestés, mais cela ne veut pas dire qu’il faut maintenir les institutions en place. Il est important d’avoir des services au public traités à proximité.  Et nous allons diminuer le coût des structures pour être plus efficaces "

Sujet JT et direct sur l'ouverture de la foire agricole de Libramont:

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