René Collin sur Veviba: "Il y a eu une omerta complète, je le reproche à l'Afsca"

René Collin sur Veviba: "il y a eu une omerta complète, je le reproche à l'Afsca"
René Collin sur Veviba: "il y a eu une omerta complète, je le reproche à l'Afsca" - © Tous droits réservés

À la suite du scandale Veviba, le ministre wallon de l'Agriculture, René Collin (cdH), rejette la responsabilité sur l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). 

Ecolo a divulgué des documents qui feraient état d'un système cdH qui protégerait la société Veviba. "C'est du populisme de bas étage ou en tout cas de la malhonnêteté intellectuelle", réagit le ministre wallon, outré. Il dément toute collusion entre l'entreprise et les pouvoirs politiques.

Centre d'excellence de la viande: zéro euro dépensé

Dans les documents dévoilés, on peut lire que Benoît Lutgen, bourgmestre cdH de Bastogne, a demandé une étude de préfaisabilité concernant la mise en place d'un centre d'excellence de la viande. Interrogé par Thomas Gadisseux à ce sujet, René Collin justifie cette demande par le fait qu'il y a un problème d'image dans le secteur de la viande: "On a besoin d'avoir un endroit où on explique les métiers de la viande et sa réalité."

Mais cette demande n'a pas eu de suite et "aucun euro wallon n' a été dépensé à cet égard", assure-t-il avant d'ajouter aussi que d'autres centres de ce type existe déjà en Wallonie: l'agence wallonne de l'élevage à Ciney ou une autre à Wavre. 

Tout le monde a été dupé

Il estime par ailleurs que tout le monde a été dupé dans cette affaire. Selon lui, si quelqu'un avait été au courant de cette fraude, cela aurait été signalé à plusieurs niveaux, que ce soit à la région, dans les intercommunales, ou au conseil communal de Bastogne. "Il y a eu une omerta complète", déplore-t-il.

Il reproche à l'Afsca de ne pas avoir prévenu le ministre de tutelle en septembre 2016 quand on a découvert des containers de viande avariée provenant de l'entreprise wallonne au Kosovo. "L'autorité judiciaire est saisie, ce qui est normal, mais est-ce normal que les ministres de tutelle ne soient pas prévenus ?", se demande-t-il.

Collusion

René Collin déclare que les contrôles n'ont pas été faits comme ils auraient dû l'être. "Il y a peut-être eu de la collusion au niveau des contrôles." Selon le ministre, l'Afsca s'est reposé sur le fait que l'entreprise faisait des auto-contrôles alors que la société savait depuis septembre 2016 qu'il y avait des problèmes.

Il ne nie pas que La Région wallonne a eu des contacts avec l'entreprise car elle a établi une concession avec cette entreprise privée. "C'est une entreprise qui produit 30% de la viande en Belgique et qui a créé plus de 200 emplois, donc forcément il y a des contacts!"

Quant à une éventuelle démission de l'administrateur délégué de l'Asfca, Herman Diricks, le ministre wallon déclare: "Il faut fixer les responsabilités. Quand ce sera le cas, il faudra que le pouvoir responsable prenne ses responsabilités. L'Afsca n'a pas fait son travail. Il faut démontrer qui ne l'a pas fait. Il faut un contrôle du contrôleur."

Vers une coopérative ? 

René Collin ne plaide pas pour une régionalisation de cette agence fédérale, mais annonce que les régions doivent être davantage associées. Il déclare : "Il faut surtout un système efficace, transparent dans le respect du consommateur et des éleveurs."

Le ministre wallon estime qu'au lieu d'avoir un transfert des parts de la Sogepa dans Veviba vers l'intercommunale Idelux, comme prévu, il serait préférable d'avoir un transfert partiel vers une coopérative d'éleveurs. "Au moins, les éleveurs seraient au cœur de la manœuvre", conclut-il tout en laissant sous-entendre que le groupe Veviba disparaîtrait de la structure.

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