Remplacement des F-16: "Le gouvernement français propose un partenariat structurant à la Belgique"

Remplacement des F16: "La France fera bien une proposition" affirme la ministre
Remplacement des F16: "La France fera bien une proposition" affirme la ministre - © DIBYANGSHU SARKAR - AFP

La compétition pour l'achat d'un nouvel avion de combat destiné à succéder aux F-16 belges vieillissants, qui apparaissait comme très ouverte au départ avec cinq concurrents en lice, se réduira sans doute à un duel entre deux appareils, le chasseur furtif de 5e génération F-35 Lightning du groupe américain Lockheed Martin et le Typhoon, produit par le consortium Eurofighter, pour un marché de plus de 3,5 milliards d'euros.

La France s'est en effet retirée de la compétition en décidant, selon le journaliste Jean-Dominique Merchet sur son blog Secret Défense, de ne pas répondre à l'appel d'offres lancé en mars par le gouvernement Michel, le jugeant "trop favorable" au F-35.

Deux autres candidats, l'avionneur américain Boeing - qui proposait F/A-18 E/F Super Hornet - puis le gouvernement suédois, qui promouvait le chasseur JAS-39 Gripen E, se sont déjà retirés de la compétition, respectivement le 19 avril et le 10 juillet derniers.

Les deux derniers candidats en lice ont déposé jeudi leur réponse à l'appel d'offres (en jargon un "Request for government Proposal", RfGP) auprès du bureau de l'état-major chargé du programme ACCaP ("Air Combat Capability Program"). "A 14h00, au nom du gouvernement américain" pour le F-35, a précisé le vice-président de Lockheed Martin pour le développement des affaires et l'intégration stratégique, Jack Crisler, lors d'une rencontre à Bruxelles avec la presse belge.

Le ministère britannique de la Défense, qui promeut l'Eurofighter, a pour sa part remis sa réponse "sur le temps de midi", a indiqué un responsable pour le commerce extérieur de l'ambassade de Grande-Bretagne à Bruxelles, James Cooper, à l'agence Belga.

"Une proposition" française

Plus tôt dans la journée, la ministre française des Armées, Florence Parly, a démenti le retrait de son pays - qui propose l'avion de combat Rafale - de la compétition lancée par le gouvernement belge pour remplacer ses F-16 vieillissants à quelques heures de la clôture de l'appel d'offres, jeudi à minuit.

"Le gouvernement français fera bien une proposition à la Belgique pour le renouvellement de sa flotte de combat", a-t-elle affirmé jeudi à des journalistes en marge d'une réunion informelle des ministres européens de la Défense à Tallinn, la capitale estonienne, selon le site d'information spécialisé Bruxelles 2.

Florence Parly semblait ainsi démentir une information publiée jeudi par le journal "La Libre Belgique" qui indiquait que Dassault "renoncerait au remplacement" des F-16 belges par ses avions Rafale.

Un partenariat structurant

"Florence Parly, ministre des Armées, a proposé au ministre de la Défense du Royaume de Belgique (Steven Vandeput, ndlr) la mise en place d'un partenariat approfondi entre nos deux pays, pour répondre au besoin exprimé par l'armée de l'air belge", a annoncé son ministère dans un communiqué.

"Ce partenariat structurant, qui pourrait prendre la forme d'un accord intergouvernemental, comprendrait la fourniture de l'avion de combat Rafale, mais aussi une coopération approfondie entre nos deux armées de l'air dans les domaines opérationnels, de formation et de soutien, ainsi qu'une coopération industrielle et technique impliquant des entreprises des deux pays", ajoute le texte.

Selon Florence Parly, "cette proposition d'un partenariat global allant bien au-delà des seuls équipements militaires consoliderait la relation ancienne et profonde entre nos deux pays". "Elle contribuerait au renforcement de l'Europe de la Défense et de son autonomie stratégique, à une période où celle-ci est plus que jamais nécessaire", a-t-elle ajouté.

Le ministre de la Défense, Steven Vandeput, en déplacement à Tallinn (Estonie) pour une réunion informelle avec ses collègues européens, a refusé jeudi de commenter cette information. "Je suis dans une procédure et je ne peux pas en parler tant que la première phase n'est pas terminée", a indiqué le ministre à des journalistes jeudi après-midi.

Dassault assure "participer à l'offre globale de partenariat"

Le groupe français Dassault Aviation et ses partenaires ont assuré jeudi "participer pleinement à l'offre globale de partenariat approfondi" faite par les autorités françaises au gouvernement belge, en présentant l'avion de combat Rafale pour le remplacement des F-16 de la composante Air de la Défense belge, mais sans indiquer clairement si la France répondra à l'appel d'offres qui se clôture à minuit.

Dassault, qui forme le Groupement d'intérêt économique (GIE) Rafale avec les sociétés Snecma et Thales, a mis en avant, dans un communiqué, le "volet industriel ambitieux" qu'il propose comme partie intégrante de la large coopération interétatique franco-belge autour du Rafale.

Cette coopération "offrira à l'industrie belge un retour concret et pérenne pour un partenariat économique volontariste et un impact sociétal positif", ajoute l'avionneur français.

"Déjà largement implantés en Belgique depuis la fin des années 60, avec neuf entreprises filiales, plus de 3.000 salariés belges dans des emplois à haute valeur technologique, un réseau de plus de 800 fournisseurs référencés et plus de 800 millions d'euros de commandes annuelles à la Belgique, Dassault Aviation et ses partenaires proposent aux partenaires économiques des trois régions belges une stratégie de coopération à moyen et long termes véritablement structurante pour l'avenir de l'industrie belge qui contribuera au renforcement de l'Europe de la Défense", a déclaré le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, cité par le communiqué.

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