Remplacement des F-16: Londres promet deux "centres de fabrication"

L'Eurofighter Typhoon
L'Eurofighter Typhoon - © GERARD GAUDIN - BELGA

Le gouvernement britannique propose à la Belgique un "partenariat global" si elle choisit l'avion de combat Eurofighter Typhoon pour succéder à ses F-16 vieillissants, a affirmé vendredi l'ambassadeur du Royaume-Uni à Bruxelles, Alison Rose, alors que le groupe BAE Systems a promis dans ce cas l'installation de deux "centres de fabrication" - l'un en Flandre et l'autre en Wallonie.

"Nous croyons que notre proposition en matière de sécurité et de défense (faite) à la Belgique via l'Eurofighter Typhoon est la solution la plus complète" pour répondre au besoin belge d'un nouvel avion de combat, a-t-elle affirmé, quelques heures après la clôture de l'appel d'offres lancé en mars par le gouvernement pour l'achat de 34 chasseurs-bombardiers.

Deux agences gouvernementales sont encore en lice après le renoncement de l'avionneur Boeing puis de l'agence suédoise d'exportation d'armements FMV: celle qui représente le chasseur furtif F-35 Lightning II de Lockheed Martin et le ministère britannique de la Défense, promouvant le Typhoon du consortium européen Eurofighter.

Un "produit européen"

Le gouvernement français a lui dévoilé sa propre stratégie portant sur "un partenariat structurant" - mais sans répondre formellement à l'appel d'offres, créant une situation dont le ministère de la Défense va analyser les conséquences juridiques.

Parmi les offres rentrées dans les délais figure celle de Londres, qui propose une forme "unique de partenariat", selon Alison Rose, en présentant le Typhoon comme un "produit européen".

C'est le gouvernement britannique qui promeut le Typhoon en Belgique comme successeur des F-16 vieillissants.

Selon Alison Rose, si la Belgique décide d'acquérir l'Eurofighter, elle rejoindra "pour les décennies à venir" un programme international qui constitue l'essentiel de la flotte européenne d'avions de combat, avec plus de 500 appareils en service dans une bonne demi-douzaine de forces aériennes.

Transferts de technologie

Un responsable de BAE Systems, l'un des partenaires industriels à l'origine du programme Eurofighter, avec Airbus et Leonardo, Chris Boardman, a pour sa part assuré que l'offre britannique comprenait des transferts vers l'industrie belge de technologies, de droits de propriété intellectuelle et de connaissances.

Il a rappelé que les partenaires du consortium Eurofighter étaient déjà très présents en Belgique, grâce à des liens commerciaux avec 200 entreprises, qui génèrent 600 millions de chiffre d'affaires.

Selon Chris Boardman, qui est directeur des affaires militaires de BAE, l'offre britannique comprend notamment la mise en place de deux "centres de fabrication avancés" - l'un en Flandre et l'autre en Wallonie - pour fabriquer des composants tant pour l'aviation militaire que civile, un partenariat britannico-belge pour le fonctionnement d'un "centre national (de sécurité) cybernétique (à l'image de celui qui existe en Malaisie) et une collaboration en matière d'entraînement "synthétique" (sur simulateurs, ndlr).