Relocaliser en Wallonie des services de la Fédération Wallonie-Bruxelles?

Paul Magnette favorable à la relocalisation en Wallonie de l'administration de la Fédération Wallonie-Bruxelles
Paul Magnette favorable à la relocalisation en Wallonie de l'administration de la Fédération Wallonie-Bruxelles - © HAND OUT J.VAN BELLE - BELGA

Paul Magnette (PS) verrait bien de nouveaux pans de l’administration de la Fédération Wallonie-Bruxelles migrer vers le sud du pays. Le ministre-président du gouvernement wallon l’a indiqué ce 13 juillet en commission du parlement wallon, en réponse à une question de Jean-Luc Crucke (MR) et en complément d’une interview parue récemment dans la presse écrite.

"Si nous voulons intensifier et accélérer le redéploiement de la Wallonie, il faut qu'en marge des efforts de réindustrialisation les gains induits par cette économie dans le secteur des services viennent également se relocaliser sur le territoire wallon, ne serait-ce que pour être comptabilisés dans le PIB (produit intérieur brut) de la région", explique Paul Magnette.

Selon les chiffres avancés par le N°1 wallon, environ 3500 des 6000 agents de l’administration de la Fédération Wallonie-Bruxelles (hors enseignants notamment) sont déjà basés en Wallonie. Paul Magnette évoque donc ici le sort des 2500 autres agents, du moins ceux qui vivent en Wallonie et se rendent chaque matin à Bruxelles pour rejoindre leur lieu de travail.

"Plus on attire de sièges d’entreprises publiques ou d’administrations dans nos villes, plus on a de chance que cela attire aussi les économies de services à proximité de ceux-ci", ajoute le ministre-président wallon qui appuie son plaidoyer par des soucis de mobilité. "Plutôt que d’améliorer la fréquence des train ou d’ajouter des bandes de circulation, on peut rapprocher les lieux de travail des lieux de résidence de nos concitoyens. C’est aussi une amélioration de leurs conditions de vie".

Poussée régionaliste ?

A ce stade, il ne s’agit encore que d’une idée émise par Paul Magnette, qui d’emblée tente de ménager les susceptibilités : "L’administration de la Fédération est bien organisée et elle doit le rester. Mais nous ne devons avoir aucun tabou et il fallait lancer le débat. La Fédération Wallonie-Bruxelles couvre le territoire des deux régions, on peut donc très bien faire le choix d’implanter son administration en Wallonie plutôt qu'à Bruxelles".

Il y a quelques jours, le ministre-président du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a déjà réagi à la première sortie médiatique de son homologue. Interrogé par le même Jean-Luc Crucke, Rudy Demotte (PS) a indiqué vouloir avant tout privilégier "l’efficacité et l’efficience" de l’administration francophone et "l’impact social de tels déménagements pour le personnel habitant à Bruxelles".

Paul Magnette se réjouit que son idée ne soit pas rejetée a priori. C'est vrai, mais l’accueil de son collègue est plutôt froid.

Par contre, ce projet relance les tiraillements entre "communautaristes" et "régionalistes".

Le député de l’opposition Jean-Luc Crucke, qu’on peut ranger dans la deuxième catégorie, a d’ailleurs saisi la balle au bond : "Peut-être qu’il faut pousser la réflexion et la cohérence jusqu’au bout, et réfléchir à un transfert de compétences de la fédération vers les régions. L’éducation par exemple ". En d'autres termes : on peut régionaliser l'enseignement. Sujet explosif.

Nul doute que le ministre-président wallon pourra, en tout cas, compter sur le soutien précieux des régionalistes de tous bords pour faire vivre ce nouveau débat intra-francophone.

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