Régionaliser Unia? Cela n'a pas de sens pour le MR; le PS taxe la N-VA de racolage

La députée Karine Lalieux (PS) appelle la nouvelle secrétaire d'État à l'Égalité des chances, Zuhal Demir, à faire preuve de respect à l'égard des institutions dont elle a la charge. A ses yeux, les déclarations successives de personnalités de la N-VA à l'égard d'Unia témoignent d'une volonté de "racolage".

"Depuis sa création, le Centre pour l'égalité des chances - et à sa suite Unia - a toujours démontré la qualité de son travail et sa non-discrimination à l'égard de tout type de discrimination. Chaque fois qu'il sort, la pertinence de son rapport est mise en avant", a souligné la députée.

Karine Lalieux attend d'un nouveau ministre qu'il fasse d'abord le tour des institutions qui sont sous sa responsabilité avant de les critiquer. "La N-VA espère peut-être retrouver des électeurs qu'elle aurait perdus. Dans tous les cas, c'est du racolage. Il y a aujourd'hui dans la société des divisions que la N-VA cherche à creuser encore", a affirmé la députée.

Les socialistes s'en prennent aussi aux libéraux francophones et au Premier ministre, accusés d'observer un "silence coupable".

"Jusqu'à présent, il n'y a jamais eu de rappel à l'ordre de ministres N-VA dont les déclarations jettent le discrédit sur des personnes ou des institutions", regrette-t-elle.

L'un des administrateurs N-VA d'Unia accuse les francophones d'empêcher un fonctionnement de l'institution comme les nationalistes flamands l'entendraient. "C'est un refrain que l'on connaît et qui devient lassant: c'est toujours la faute des francophones. Ce qui est sûr, c'est que dans ce gouvernement, il n'y a plus de francophones depuis longtemps".

La ministre Isabelle Simonis en appelle à la sérénité

La ministre de l'Égalité des chances de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Isabelle Simonis (PS), en a appelé lundi à la sérénité et au sens des responsabilités après les déclarations polémiques de personnalités de la N-VA à propos d'Unia.

"Mme Demir (nouvelle secrétaire d'État à l'Égalité des chances) a décidé de se faire un nom en s'attaquant à cet outil dès le jour de sa prise de fonction et sans réels arguments de fond. La N-VA est fidèle à elle-même. Moi, j'en appelle à la sérénité et à la responsabilité. On ne construit pas une société inclusive et le vivre-ensemble à coups de polémiques stériles", a déclaré la ministre francophone.

Isabelle Simonis rappelle l'importance de la lutte contre les discriminations dans la société actuelle et dans l'ensemble de la Belgique. "Les défis de la lutte contre les discriminations sont très importants aujourd'hui sur l'ensemble du territoire belge. Ces enjeux sont transversaux et il est fondamental que les différents niveaux de pouvoir puissent s'appuyer sur un outil disposant d'une expertise et d'une vision globale. C'est le rôle d'Unia".

MR: régionaliser Unia n'a pas de sens

Le MR se dit satisfait du modèle interfédéral d'Unia et juge qu'une régionalisation de l'institution n'a aucun sens, a-t-on indiqué au parti à la suite des déclarations de plusieurs personnalités de la N-VA.

"Nous sommes satisfaits du modèle interfédéral actuel. Régionaliser Unia ou les droits de l'homme n'a pas de sens", a indiqué le porte-parole des libéraux francophones.

Le MR souligne toutefois qu'"il est sain dans une société démocratique que chacun puisse exprimer son point de vue".

"Unia est un acteur important de la société civile dont les recommandations sont toujours dignes d'intérêt. Toutefois, les partis politiques ont aussi le droit d'être en désaccord avec certaines prises de position", ajoute le parti du Premier ministre.

Le MR insiste aussi sur l'importance de l'indépendance et des missions d'Unia. "Nous respectons l'indépendance d'Unia et l'importance de ses missions. A nos yeux, il est essentiel que chaque discrimination ou chaque fait de racisme ou d'antisémitisme soit combattu de la même manière".

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