Régionalisation: la Fédération Wallonie-Bruxelles n'est pas prête à se castrer

Rudy Demotte (PS) assure que la Fédération Wallonie-Bruxelles est "au service des Régions".
Rudy Demotte (PS) assure que la Fédération Wallonie-Bruxelles est "au service des Régions". - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Le débat sur la régionalisation a refait surface. Le ministre-président wallon Paul Magnette (PS) a ressorti la bête de l'eau – une énième fois – avec une punchline dont le choix des mots n'aura laissé personne indifférent, pas même dans son propre camp : "Sans l'Enseignement et la Culture, la Wallonie est eunuque".

Enseignement et Culture, soit deux compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dont le ministre-président Rudy Demotte, également socialiste, l'assure : il n'envisage pas de castrer son entité pour le bien de la Région.

La Wallonie, tout comme la Flandre et Bruxelles, a, dit-il, déjà reçu "tous les attributs du pouvoir" lors de la Sixième réforme de l'État : les moyens financiers – "13 milliards d'euros à gérer" – et les compétences ont considérablement été augmentés. "Je n'ai jamais dit que c'était un sens qui ne me convenait pas. Au contraire, je me sens aussi empreint de cette logique régionaliste."

"Mais je ne pense pas aujourd'hui que l'on valorise la Région avec ce type de discours, ajoute-t-il. D'autant plus que la Fédération Wallonie-Bruxelles, les francophones de Belgique, disent : 'Nous sommes au service des Régions'."

"Ce ne serait pas un progrès pour l'humanité…"

Serait-il toutefois envisageable de répartir les compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles entre Régions bruxelloise et wallonne ? "On sait très bien que des choses vont encore bouger, répond Rudy Demotte, invité ce jeudi de Matin Première. Et toute institution vivante est ainsi faite."

"Mais, cela dit, il y a des différences à faire entre, par exemple, en matière d'enseignement les pouvoirs organisateurs et le pouvoir normatif. Je pense qu'avoir demain des diplomations pour le secondaire qui seraient différentes en Bruxelles et en Wallonie, ce ne serait pas un progrès pour l'humanité… Si, demain, on dit que des profs auront des statuts différents qui rendront plus difficile la migration entre Bruxelles et la Wallonie, ce n'est pas défendre les francophones."

"Alors, la défense, aujourd'hui, culturelle – car l'enseignement est aussi une forme de culture –  de la francophonie en Belgique, je pense que c'est quand même une marque de fabrique importante."

Et qu'en pense donc Elio Di Rupo ?

Le débat a néanmoins bien lieu au sein du Parti socialiste. Et "légitiment", même s'il n'est pas fini, affirme Rudy Demotte qui, dit-il, a entendu Paul Magnette lui-même dire qu'ils étaient encore "devant une pierre brute qu'il faut polir".

Quant au président du PS Elio Di Rupo, il se pose en arbitre de ces débats, "il est au-dessus du lot", lance le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui balaie par ailleurs toutes les critiques formulées à l'égard du bourgmestre de Mons. "Elio Di Rupo reste indéniablement un atout pour le Parti socialiste", assure-t-il.

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