Refuser un titre de noblesse, c'est possible

En Belgique, 1300 familles sont nobles.
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En Belgique, 1300 familles sont nobles. - © GUY MOSSAY - BELGA

Ce mercredi, le Roi Philippe et la Reine Mathilde accueillaient les nouveaux nobles du Royaume de Belgique. Une reconnaissance gratifiante pour ces citoyens, mais parfois, les personnes choisies refusent leur titre.

La Noblesse, un univers qui peut paraître flou pour une majorité de Belges. On imagine souvent les nobles dans des châteaux ou encore à participer à de grandes réceptions. A vrai dire, il n’y a pas vraiment d’avantage à être noble et n’importe quel citoyen peut le devenir. En effet, les faveurs nobiliaires ou autres distinctions honorifiques sont attribuées aux citoyens qui représentent parfaitement les couleurs et les valeurs du pays, ou à des personnes qui font du bien autour d’eux. "C’est la reconnaissance d’un mérite", explique le Baron Bernard Snoy, Président honoraire de l’Association de la Noblesse du Royaume de Belgique. "Ces titres n’ont aucune valeur juridique. Mais il y a un ordre moral, une attente à ce qu’une personne honorée maintienne durant le reste de son existence une attitude exemplaire".

Pour les choisir, la Commission d’avis du Service de la Noblesse des Affaires étrangères, un groupe de 15 personnes nommées par le Roi, dresse chaque année une liste de citoyens potentiels pour recevoir un titre. Cette liste est transmise à Sa Majesté le Roi, qui sélectionnera les heureux élus.

Les personnes sélectionnées sont ensuite contactées personnellement. C’est à ce moment-là qu’ils peuvent refuser leur titre. "C’est déjà arrivé", témoigne Bernard Snoy, il y en a que ça n’intéresse pas. Ils refusent et ça s’arrête là".

Devenir noble a un certain coût, il faut modifier vos pièces d’identité et surtout : créer votre blason, dont le prix peut s’élever de 3000 à 4000 euros. Le Président honoraire de l’Association de la Noblesse du Royaume de Belgique justifie : "Si on devient noble d’une nouvelle famille qui ne possède pas encore d’armoiries, on doit l’imaginer et la faire dessiner. Et ça, ça peut coûter cher. Cela ne doit pas être réalisé par n’importe qui, il y a certaines règles à respecter".

Toutes les armoiries sont d’ailleurs validées par un Conseil d’Héraldique, des experts dans ce domaine. Par exemple, cela a été le cas de Jean-Claude Vanden Eynden, pianiste réputé et membre du jury du Concours Reine Elisabeth. Pour son titre de Chevalier, il a créé son propre blason, avec la devise "l’art est la forme ultime de l’espoir" : "J’ai trouvé une devise qui me plaît beaucoup et qui concerne la musique et l’art en général", raconte-t-il en montrant ses "Lettres Patentes", un texte rédigé par le Roi, en lettres d’or. Sur ce papier, on peut y voir son emblème aux couleurs rouges, blanches et vertes, avec au centre, un piano pour symboliser son domaine de distinction. "Dans leurs armoiries, les nobles essaient de faire une référence dans le domaine dans lequel ils sont reconnus. Un écrivain peut par exemple y insérer une lettre ou une plume. Chacun peut laisser court à son imagination", explique Bernard Snoy.

De moins en moins de nobles héréditaires

Même si c’est moins fréquent, les titres de noblesse dans certaines familles peuvent se transmettre de générations en générations. "La reconnaissance de noblesse pour ma famille a été faite à l’époque de Léopold I. Il a été stipulé très clairement que dans notre cas, le titre est héréditaire pour tous les membres de la famille. Or, dans d’autres cas, c’est uniquement pour le premier fils, ou juste pour les garçons et non pour les filles par exemple", constate Bernard Snoy. 

Dans les derniers arrêtés royaux, comme cela a été le cas ce matin, il s’agit essentiellement d’anoblissement à titre personnel et donc non transmissible. Théoriquement, il est possible de se retirer de la noblesse si un membre de la famille ne désire pas hériter de ce titre. Mais cela n’est jamais arrivé. Cependant, il y a certainement des familles de nobles qui ont choisi de ne jamais en faire état et donc, "de faire comme si de rien n’était".

Pas de nouveaux nobles en 2019

Cette année, le Roi Philippe n’avait pas annoncé comme à son habitude, à l’approche de la fête nationale du 21 juillet, les nouvelles faveurs nobiliaires et distinctions honorifiques. Le gouvernement étant en affaires courantes, nul prétendant a été désigné. Ce scénario s’est déjà présenté lors de la crise politique en 2010-2011. Cependant, douze heureux élus de l’année 2018 n’avaient pas encore reçu leur cérémonie officielle au Palais Royal. Elle a donc eu lieu ce mercredi 13 novembre 2019, à partir de 11 heures.

Six Belges ont reçu le titre de Baron. Parmis eux, : la pédagogue Ingrid De Jonghe, elle a mis en place " TEJO ", un espace de consultations où des thérapeutes aident gratuitement les jeunes ayant des problèmes de santé mentale. Yvonne L’Hoest, la présidente de la Fédération des Restos du Cœur de Belgique, mais aussi Pieter Timmermans, l’administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique. 

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