Réforme des pensions: "Le gouvernement a travaillé à l'envers", selon Olivier Maingain

Réforme des pensions: "Le gouvernement n'a pas donné une vision globale", selon Olivier Maingain
Réforme des pensions: "Le gouvernement n'a pas donné une vision globale", selon Olivier Maingain - © Tous droits réservés

Olivier Maingain, le prédisend de DéFi et bourgmestre de Woluwé-Saint-Lambert était l'invité de la Première jeudi matin. Il revient sur la réforme des pensions. Un consensus a été trouvé ce mercredi entre syndicats et gouvernement sur la question des métiers lourds au sein de la fonction publique.

Il considère que le gouvernement a fait sa réforme sans aborder, dès le départ, la question de la pénibilité. "C’est finalement sous la pression de l’opinion publique que le gouvernement a dû avancer sur la question de la pénibilité du travail. C’est aujourd’hui pour cela que la ministre Bacquelaine (des pensions) doit sortir une liste."

"Pas de vision globale de la réforme"

Olivier maingain précise ne pas savoir juger cette liste dans le détail, "si elle est complète ou pas". Mais il se pose une question : "Je n’entends pas parler du statut de tout le personnel soignant dans les hôpitaux publics ou les cliniques privées, qui sont des métiers très lourds, très pénibles. Est-ce qu’ils sont pris en compte dans la liste ? Je n’en sais rien. Mais c’est évident que c’est par là qu’il fallait commencer."

Le président de parti précise: "Le gouvernement a travaillé à l’envers dans ce dossier. Il aurait travaillé correctement, avec une volonté de négociations dès le départ avec les partenaires sociaux, on n’aurait pas connu des mouvements de grève."

La question des métiers pénibles n'est qu'un aspect de la réforme. Le système de pension à points, lui, ne fait toujours pas l’objet d’accord.

"Le gouvernement a abordé la réforme des retraites, indispensable dans notre système, sans donner la vision globale. Il l’a donné par tranches successives et a peut-être tenté tout simplement de tricher avec les partenaires sociaux et avec les représentants des travailleurs. Je ne trouve pas ça correct."

"La valeur du point doit être certaine et durable"

Selon Maingain, le gouvernement triche aussi sur cette réforme de pension à points. "C’est en soi un bon principe pour l’égalité de traitement, pour autant que l’on garantisse un certain nombre de principes. D’abord, que la valeur du point soit certaine, que ce ne soit pas une valeur ajustée en raison de contraintes budgétaires au fil du temps. Donc, il faut une prévisibilité certaine et durable du point."

Il ajoute "qu'il faut aussi que les périodes de travail à temps partiel de chômage soient assimilées à une valeur de point certaine aussi. Ça concerne plus particulièrement les femmes, sinon on risque d’avoir un système inégal. Ce gouvernement ne le dit pas pas manière claire et certaine."

Interdire les partis qui prônent la violence

Olivier Maingain s’apprête à déposer un texte pour interdire les partis qui prônent la violence. Une intention en rapport direct avec le programme proposé par le parti Islam pour les élections communales 2018.

"Ce parti a quand même prôné la Sharia, ce qui est quand même une atteinte à notre système démocratique. J’ai entendu beaucoup de partis dire qu’il faut se donner les moyens pour interdire ce type de partis. Et je rejoins les meilleurs experts constitutionnels qui disent qu’il ne faut pas attendre que ces partis, qui menacent notre ordre, connaissent un succès électoral."

Mais comment ça marche ? Le président DéFi précise que "ce n’est pas au gouvernement ni au parlement de le faire. Il faut donner la compétence à une juridiction totalement indépendante. Je propose que ce soit la Cour Constitutionnelle, comme c’est le cas en Allemagne, qui fixe les critères de jurisprudence sur base des critères constitutionnels que je propose, mais qui sont assez évidents."

Pourtant, les thermes utilisés dans cette proposition, notamment "le respect libertés fondamentales", peuvent être interprétées de manière très diverses. Par exemple, si un parti remet en cause l’usage des langues en Belgique.

"L’usage des langues est réglementé par la loi. Mais aller jusqu’à dire que vous ne seriez plus libre de faire usage de la langue de votre choix, ça c’est une atteinte à la liberté fondamentale qu’est la liberté linguistique."

Le décumul des mandats

Olivier Maingain a finalement abordé la question du décumul intégral des mandats à Bruxelles. Une proposition des socialistes des verts et de DéFi est en passe d'être voté au parlement bruxellois. Mais les partis flamands s'y opposent (CD&V, Open VLD, N-VA). Les francophones peuvent techniquement, selon la loi, passer en force. Mais le président du parlement de la région de Bruxelles-Capitale, Charles Picqué (PS), craint que les tensions se ravivent avec les partis flamands.

"Je me suis assez battu l'été dernier pour préserver la stabilité des institutions bruxelloises pour ne pas, aujourd'hui, permettre que la N-VA, qui est très peu représentée à Bruxelles, vienne faire un chantage."

Mais que permet la loi? "Si dans un premier temps, il n'y a pas eu la majorité dans chaque groupe linguistique, et notamment dans le groupe flamand du parlement bruxellois, il y a un deuxième vote. Et dans ce cas-là, il suffit qu'un tiers des membres de ce groupe adhère à la majorité sur l'ensemble du parlement bruxellois pour que la loi puisse être votée."

L'objectif de cette loi, explique-t-il, "c'est d'empêcher qu'une extrême minorité puisse tenir en échec la volonté d'une majorité." Olivier Maingain insiste, "ce n'est pas un vote francophone contre néerlandophone".

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