Réforme des pensions: les actions en cours dans tout le pays

En front commun, les syndicats (chrétiens, libéraux et socialistes) protestent ce mardi contre la réforme des pensions concoctée par le gouvernement fédéral et, plus précisément, sur la définition des métiers pénibles. Il ne s'agit pas d'une grève à proprement parler mais d'une série d'actions qui seront menées dès ce mardi matin dans les trois régions du pays.

 

Manifestation nationale à Bruxelles

Quelques centaines de manifestants sont réunis mardi vers 10h au Mont-des-Arts, à Bruxelles, pour la manifestation nationale du font commun syndical contre la réforme des pensions du gouvernement fédéral. Les organisations sont particulièrement remontées contre les mesures relatives aux retraites présentes dans le "Jobs Deal" conclu cet été.

"Nous voulons clairement faire comprendre au gouvernement et aux parlementaires que les gens ne sont pas d'accord avec la politique actuelle, qui n'a aucune légitimité", déclare Estelle Ceulemans, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles. "Les jeunes, les travailleurs et les pensionnés crient de la même voix qu'ils ne sont pas d'accord avec cette politique. Pour les jeunes, la priorité doit être la création de vrais, bons emplois", estime-t-elle.

Selon la police, 4.000 personnes ont pris le départ de cette manifestation à Bruxelles.

3.000 personnes à Namur

Devant la gare de Namur, ce sont plus de 3.000 manifestants qui étaient réunis ce matin selon les syndicats. Cette action a regroupé des membres de la FGTB, de la CSC et de la CGSLB venus des provinces de Namur et du Luxembourg. Néanmoins, à 11h30, la police n'était pas encore en mesure de confirmer d'estimation.

"Nous attendions environ 2.000 personnes mais la révolte est telle que ce sont finalement 3.000 personnes qui ont répondu présentes", a déclaré Christelle Thomas, responsable communication de la FGTB Luxembourg. "Nous attendons par ailleurs encore quelques centaines de camarades venus de la province de Luxembourg."

Sous la pluie, les militants se sont armés de panneaux inspirés de ceux des limites de vitesse pour mettre en évidence l'une de leurs principales revendications: la pension à 65 ans, et non à 67 ans. Plusieurs banderoles aux slogans revendicateurs ont également été agitées. "A 67 ans, tous les métiers sont pénibles", pour la CSC, ou "Moins de profiteurs, plus de pension", pour la FGTB.

Après avoir parcouru les rues de Namur, les manifestants se retrouveront vers 12h place Saint-Aubain, où les représentants de chaque délégation prononceront un discours.

Réveil chahuté pour Marie-Christine Marghem

Parmi cette série d'actions prévues, il y a notamment celle-ci, à Tournai : une délégation de la FGTB s'est rassemblée, dès l'aube, pour se diriger vers le domicile de Marie-Christine Marghem, la ministre de l'Energie, et sonner à sa porte. L'occasion pour les travailleurs de lui faire part de leur ras-le-bol.

"Cela fait 43 ans que je travaille à la chaîne dans la même entreprise, commentait ce matin à notre micro Carine Christiaens. Ce n'est pas facile ! C'est même assez lourd, avec beaucoup de stress. Ils veulent nous faire travailler jusqu'à 65 ans ? Qu'ils viennent travailler d'abord chez nous, pour voir ce que c'est !"

Sous une pluie légère, la ministre a donc discuté une bonne demi-heure devant chez elle avec quelques permanents syndicaux et des travailleurs. Elle a dit comprendre l’usure que subissent notamment les ouvriers qui ont commencé très tôt leur carrière et leur souhait de partir à la retraite avant 63 ans. Marie-Christine Marghem a garanti qu’elle relaierait leurs inquiétudes auprès de son collègue MR en charge des pensions, le ministre Daniel Bacquelaine.

 

Des actions de sensibilisation auront lieu tout au long du trajet. Une délégation syndicale rencontrera par ailleurs le Premier Ministre, Charles Michel, ainsi que le président de la Chambre, Siegfried Bracke.

En province de Liège, la FGTB Liège-Huy-Waremme a décidé d'aller un pas plus loin et d'appeler à une grève de 24 heures.

A noter que les transports en commun sont également impactés par le mouvement de grogne. La situation varie selon les régions.

 

Des mouvements aussi en Flandre

Plusieurs milliers de manifestants, environ 4.000 selon les syndicats, se sont quant à eux réunis à Gand pour une manifestation contre la réforme des pensions. Les militants se sont réunis devant le service fédéral de pensions et défileront vers la Kramersplein.

Malgré le temps maussade, des milliers de personnes affluaient depuis la gare de Gand-St-Pierre. La manifestation doit déboucher sur la Kramersplein vers midi.

À Louvain, environ 500 militants des trois grands syndicats ont mené une action, mardi, sur la Martelarenplein, dans le cadre de la journée d'action contre la réforme des pensions du gouvernement fédéral.

Les passants ont pu découvrir le processus de vieillissement en revêtant une combinaisons qui simule les inconvénients physiques liés à la vieillesse. Une application a aussi permis aux gens de voir à quoi ils ressembleront lorsqu'ils seront âgés. "Les gens ont ainsi pu découvrir par eux-mêmes qu'il n'est pas possible de travailler jusqu'à 67 ans lorsqu'on a un métier physique comme ouvrier de construction, infirmière, instituteur maternel ou employé de magasin", explique Marijke Marsoul (ABVV).

Dans le viseur : la réforme sur les pensions et les métiers pénibles

La CSC, la FGTB et la CGSLB distribuent ce mardi un "journal des pensions", publié à un million d'exemplaires, dans lequel est abordé la question des métiers lourds. Cette publication est disponible dans les gares, les centres commerciaux et à l'entrée de certaines entreprises.

Les syndicats veulent ainsi mettre la pression dans les discussions sur la liste des métiers pénibles dans le secteur privé. "La thématique de cette journée d'actions, ce sont les pensions. Et plus particulièrement, les métiers pénibles dans le cadre de la réforme Bacquelaine, explique Vincent Pestiau, le secrétaire régional de la FGTB Charleroi-sud/Hainaut. Le gouvernement veut limiter une liste de métiers pénibles tandis que nous, nous voulons une définition beaucoup plus large, avec des critères sur ces métiers pénibles. Car nous ne voulons pas arriver au constat que l'on doit faire aujourd'hui avec la réforme Bacquelaine, c'est-à-dire travailler beaucoup plus longtemps pour une pension moindre."

Les revendications syndicales portent entre autres sur des crédits-temps de fin de carrière à 55 ans et une pension légale à 65 ans maximum. "Travailler jusque 67 ans est infaisable", jugent les syndicats, pour qui "jusqu'à 67 ans, tous les métiers sont pénibles". Le front commun demande également "des fins de carrière décentes qui tiennent compte de la pénibilité".

Il ne s'agit pas de la première manifestation contre la réforme des pensions. En mai dernier, 70.000 personnes avaient battu le pavé dans les rues de Bruxelles pour la même raison. "Ces manifestations ont du sens", juge Mme Ceulemans. "Le ministre Bacquelaine a par exemple renoncé à ses plans de pensions à points. Nous ne faisons pas ça pour embêter tout le monde."

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