Réforme des gestionnaires de Réseau de distribution: le PS liégeois résiste

Jean-Claude Marcourt (PS), ministre de l'Enseignement supérieur à la Fédération Wallonie-Bruxelles, était l’invité de la Première mercredi matin. Le projet de décret réformant la gouvernance des gestionnaires de réseau de distribution (GRD) d'électricité et de gaz, porté par le ministre wallon de l'Energie, Jean-Luc Crucke (MR), a été approuvé, lundi soir, en commission de l'Energie du Parlement de Wallonie. MR et cdH ont voté pour, le PS, lui, s'est finalement abstenu.

Soumis en séance plénière mercredi, le décret n'est toujours pas au goût du PS liégeois: "les socialistes liégeois sont contre ce décret."

"Nous sommes pour les recommandations de la commission d’enquête. Nous voulons qu’il y ait un management autonome pour Resa. Nous voulons qu’il y ai un conseil d’administration autonome pour Resa. Nous voulons que les bénéfices retournent à la Province et aux communes associées. Ce que nous n’acceptons pas, c’est que l’on mette sur Resa des surcoûts, qui vont faire en sorte que le gestionnaire de réseau va coûter 8 millions d’euros par an de plus aux consommateurs liégeois", explique le ministre.

Eviter des surcoûts pour le consommateur

Le ministre Marcourt précise qu'au PS, " nous ne comprenons pas pourquoi il n’a pas été possible pour le ministre Crucke (Vice-président du MR et ministre wallon de l'Energie) de trouver une solution. Nous lui avons pourtant fait des propositions tout à fait claires pour qu’il n’y ait pas de surcoûts pour le consommateur."

Une abstention qui donne l’impression d’un clivage entre le PS liégeois et les autres. "Il n’y aura pas de demandes de dérogations sur les montants salariaux. Et le management sera totalement nouveau dans Resa, de manière à ce que l’on identifie bien que les recommandations de la commission ont été prises en compte."

Pierre Meyers, président du conseil d’administration de Nethys, regrette pourtant cette décision sur la limite des rémunérations à 245.000 euros par an.

"Je le laisse assurer la responsabilité de ses propos. Nous voulons respecter la commission d’enquête. Il y a eu une grande émotion et on utilise les résultats de cette commission un peu à toutes les sauces. Je me réfère à ce que le professeur Damien Hernst (professeur à l'Université de Liège et spécialiste du domaine de l'énergie) à dit. Il a dit qu’il existait des alternatives pour faire en sorte que Resa soit totalement autonome et géré de manière indépendante au profit exclusif des consommateurs, des travailleurs et des actionnaires. Mais ce n’est pas la solution qui a été choisie par Monsieur Crucke et je le regrette."

Jean-Claude Marcourt ajoute qu'il "défend profondément le service public" et qu'il ne veut pas que les travailleurs payent "les surplus liés à la scission."

Le passage au DAB+

Vice-président socialiste au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Monsieur Marcourt s’est aussi exprimé sur le projet de décret concernant les services de médias audiovisuels.

"Pour la RTBF, ce décret change peu de choses. C'est essentiellement pour tous les acteurs en dehors de la RTBF. C'est par exemple le renouvellement des licences de l'ensemble des radios, que ce soit les grands réseaux ou les radios indépendantes. L'élément fondamental c'est le passage au numérique, le DAB+. Nous allons améliorer le confort d'écoute de tous nos concitoyens. Cela permettra aussi d'avoir plus de chaines de radio disponibles."

Mais comment garantir la viabilité de toutes ces radios et la qualité des programmes? "Il faut assurer la diversité, le pluralisme, la viabilité. Mais il faut aussi soutenir les initiatives citoyennes pour qu'il y ait plus de radios."

Mais la concurrence publicitaire des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) fait qu'ils captent la majorité des publicités. "Ce que je propose, c'est qu'une partie de la taxe qui sera récupérée par la Belgique sur les GAFA retourne vers l'ensemble des médias."

"Le DAB+ devrait arriver d'ici la fin de l'année 2018", a précisé le ministre.

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