Réforme des bourses d'étude: Fef et Ligue des familles dénoncent un manque d'informations

La Fédération des étudiants francophones (Fef) et la Ligue des familles dénoncent mardi, dans un communiqué commun, le manque d'informations dont disposent les parents et étudiants à propos de la réforme des bourses d'études dans l'enseignement supérieur, initiée en octobre 2016 et adaptée en juin dernier. Les conditions d'octroi sont notamment absentes du site de l'administration et le standard téléphonique est débordé.

Depuis le 17 juillet, les nouveaux dossiers peuvent être introduits à l'administration des Bourses. Or, obtenir des informations sur les conditions d'octroi des bourses d'étude ressemble à un parcours du combattant.

Délais d'attentes interminables

Sur le site de l'administration dédié à ces allocations, la section intitulée "conditions" est "en construction". Pour obtenir un appui et un suivi directement auprès des agents de l'administration, il faudra prendre son mal en patience, le standard téléphonique étant débordé. "Si on ne possède pas de numéro de dossier, les délais d'attentes sont interminables et il est quasiment impossible d'avoir un agent un ligne", explique François Bertrand, responsable du service études et actions politiques de la Ligue des familles.

Un manque d'informations criant, dénoncent la Fef et la Ligue des familles. Les deux associations déplorent également le "manque de transparence et d'équité dans le traitement des nouveaux dossiers".

Ces problèmes s'ajoutent à ceux détectés lors de l'année académique 2016-2017 lorsque la réforme "avait plongé dans l'insécurité de nombreux étudiants. (Certains) sont toujours, cet été, en attente de notification de décision et d'autres, du versement effectif d'une bourse".

L'an dernier, une réforme des bourses d'étude avait été mise en application. Les associations étudiantes, la Ligue des familles ou encore le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté l'ont fortement critiquée, notamment parce que désormais, l'ensemble des ressources du ménage au sein duquel vit l'étudiant est pris en compte.

Etudiants précarisés

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles avait approuvé en juin dernier un avant-projet d'arrêté adaptant le régime d'allocations d'études. Les revenus des frères et sœurs du candidat à une bourse et ceux de ses éventuels colocataires, ne seront plus intégrés dans le calcul des revenus globalisés du ménage du demandeur. Problème, l'arrêté n'a toujours pas été publié, probable conséquence de la crise gouvernementale que traverse la Fédération depuis le 19 juin et l'appel du président du cdH, Benoit Lutgen, à former une nouvelle coalition, sans le PS.

Concrètement, la Fef et la Ligue des familles demandent le retrait des plafonds minimaux de revenus, "une mesure contre-productive qui exclut de facto les étudiants vivant dans les familles les plus précarisées" ainsi que le retrait du principe de globalisation des revenus, qui comptabilise l'ensemble des ressources de la famille et, enfin, la suppression de la prise en compte des ressources des colocataires.

Elles souhaitent également remettre autour de la table les acteurs institutionnels et associatifs, afin d'obtenir des précisions sur les conditions d'accès aux bourses d'études pour les jeunes issus de familles modestes.

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