Réforme de la Protection civile: moins de casernes, moins de personnel, moins de missions

C'était dans l'air depuis longtemps, les casernes de Ghlin, de Libramont, de Jabbeke et de Liedekerke passent à la trappe. La réforme des services de la Protection civile souhaitée par le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) vient d'être officiellement dévoilée aux syndicats, et elle risque de faire grincer des dents. Comme déjà évoqué depuis quelques mois, le nombre de casernes sur le sol belge passerait donc de six à deux seulement, une en Flandre (Brasschat) et une en Wallonie (Crisnée). Les quatre casernes de la protection civile concernées fermeront définitivement leurs portes d'ici la fin de la décennie. Les postes avancés de Crisnée et de Brasschaat verront quant à eux leurs moyens humains et matériels renforcés.

Le choix des casernes ne s'est pas fait au hasard ou parce que le ministre est bourgmestre de Brasschaat, localisation d'une des casernes préservées avec celle de Crisnée. Selon Jan Jambon, il résulte de l'analyse conjuguée du nombre d'opérations menées au départ de ces postes, du coût de leur réaménagement pour accueillir du personnel supplémentaire et d'une analyse de risque dans le cadre du nouveau paquet de missions qui leur sera assigné.

Le ministre a toutefois indiqué que les casernes de Jabbeke, proche de la mer, et de Ghlin, proche de l'OTAN, exerçaient des missions spécifiques qui seront exercées à l'avenir par les zones de pompiers de Flandre Occidentale et du Hainaut centre qui reprendront pour ce faire des effectifs et du matériel de la protection civile.

30% de personnel en moins 

Le personnel devrait également suivre cette tendance à la baisse. Que restera-t-il des 479 équivalents temps plein actuellement en activité? D'après nos informations, la réduction des effectifs pourrait atteindre 30%, en partie via un plan de prépensions, une autre via des réaffectations dans des zones de secours. Il n'y aura ni licenciement sec, ni réduction du budget de ce secteur dont la réforme vise avant tout à renforcer l'efficacité. Certains membres du personnel verraient, suite à cette réforme, leurs revenus augmenter de 20%. Reste la crainte de voir le délai d'intervention sensiblement augmenter en cas de catastrophe, au vu de la suppression du nombre de postes avancés.

Moins de missions, mais plus spécialisées

Cette réforme s'inscrit notamment dans la volonté du ministre de l'Intérieur de recentrer les missions d'une Protection civile de plus en plus impliquée dans des tâches habituellement dévolues aux pompiers et autres services de secours comme la désincarcération lors d'accident de la circulation. Jan Jambon estime que le facteur d'urgence est plus important pour les services de première ligne (pompiers), sa réforme, qui concrétise les engagements pris dans l'accord de gouvernement, s'articulant autour du postulat selon lequel la protection civile joue un rôle de deuxième ligne derrière les services de secours classiques, lorsqu'un travail très spécialisé est requis, par exemple en cas d'accident chimique, de bris de digue, voire de catastrophe nucléaire.

Il n'est plus question de tâches de première ligne telles que des interventions en cas d'incendie ou d'accidents de la route pour lesquels le ministre de l'Intérieur compte désormais partout sur les pompiers. La réforme doit donc mettre un terme à une pratique actuelle par laquelle certaines casernes de la protection civile exécutent des tâches dévolues aux pompiers ou envoient des ambulances sur place.

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