Réforme de l'ordre protocolaire: la Flandre prête à ouvrir le débat

Geert Bourgeois, le ministre-président flamand n’est pas satisfait de sa position dans l’ordre protocolaire. Le numéro Un flamand veut adapter cet ordre préétabli car il estime que les ministres-présidents des entités fédérées sont trop loin derrière le Premier ministre et que cela ne correspond plus à la logique institutionnelle actuelle. "L'ordre protocolaire actuel est encore basé sur la primauté absolue du niveau fédéral. La liste actuelle met tous les représentants fédéraux du pouvoir législatif et exécutif devant, puis seulement les représentants des entités fédérées", déclare Geert Bourgeois par communiqué.

En pôle position l’Église catholique

L’ordre protocolaire est une liste honorifique ou symbolique. Il ne sert que quelques fois dans l’année pour savoir par exemple qui pourra saluer le Roi en premier lors des grandes occasions, comme lors du 21 juillet. Derrière le Roi et les membres de la famille royale, on retrouve à la première place, le cardinal Joseph De Kesel, le primat de Belgique. Suivent alors le nonce apostolique (le représentant du Saint-Siège en Belgique) et le président du parlement européen. En quatrième position, ce sont les présidents de la Chambre et du Sénat suivis du président permanent et des membres du Conseil européen. Sixième, le Premier ministre Charles Michel qui précède les vice-premiers ministre. Didier Reynders, le ministre des Affaires étrangères est dixième. Le reste des ministres fédéraux sont douzièmes. Suivent alors les représentants des hautes instances judiciaires du pays. A la 17ème place, ce sont les présidents des différents parlements du pays. Les ministres-présidents des gouvernements des Communautés et des Régions se retrouvent en 19ème position devant les membres de leurs gouvernements respectifs (20ème).

Ordre protocolaire désuet ?

Tout comme Geert Bourgeois (N-VA) et Paul Magnette (PS), Rudi Vervoort (PS), le ministre-président bruxellois, arrive en 19ème position dans cet ordre protocolaire. Pour lui, ce n’est pas une priorité de le modifier, mais il reconnait qu’il est dépassé. "La Belgique de 2017, ce n’est plus celle de 1830. Elle a fortement évolué à tous points de vue. Par rapport à ceux qui la représentent, ceux qui la personnifient. Aujourd’hui, nous sommes dans une Belgique fédérale et l’ordre protocolaire fait toujours partie de cette symbolique-là."

Une réforme, mais avec modération

"L’idée que les ministres-présidents des gouvernements des Communautés et des Régions puissent suivre directement le Premier ministre est une idée défendable. Mais un ordre protocolaire, c’est un ensemble. Il faut donc mesurer jusqu’où on veut mener des réformes. Mais passer devant d’autres, ça signifie qu’on rétrograde d’autres personnes", analyse Christian Behrendt, constitutionnaliste (ULg). Une réforme éventuelle qui a tout de même ses limites, car si on réforme dès que certains revendiquent une meilleure position. "Il ne faudrait que les changements voient le Premier ministre rétrograder derrière par exemple le président du parlement de la Communauté germanophone. Réformer, oui, mais avec mesure", ajoute le constitutionnaliste. Le gouvernement flamand lui est prêt à ouvrir les discussions sur une réadaptation de l’ordre protocolaire. Une note a d’ailleurs été préparée en ce sens, elle sera présentée au prochain comité de concertation, le 26 avril.

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