Réforme de l'État: "il faut arrêter d'être sur la défensive", estime Maxime Prévot

Réforme de l’Etat: "il faut arrêter d’être sur la défensive", estime Maxime Prévôt
Réforme de l’Etat: "il faut arrêter d’être sur la défensive", estime Maxime Prévôt - © Tous droits réservés

Alors que le cdH lance en ce moment sa rentrée avec un nouveau slogan, "la vie c’est maintenant", son président Maxime Prévot était invité de Thomas Gadisseux sur Matin Première ce vendredi. Après quelques couacs de micro (comme un symbole, après la déroute des élections de mai), le président a retrouvé de la voix pour défendre la nouvelle orientation de son parti. "L’objectif n’est pas de se regarder le nombril, mais d’être dans une démarche de retour à l’essentiel pour les gens", estime Maxime Prévot.

Un retour à l’essentiel dans un "processus de régénération", qui demande de prendre en considération "l’épuisement" des citoyens face aux querelles institutionnelles. Maxime Prévot a notamment évoqué la question du vieillissement de la population : certains ont "le sentiment de culpabiliser d’être une personne âgée", raconte-t-il. D’un autre côté, le cdH ne veut pas oublier les jeunes, selon son président : "les nouvelles générations ne veulent plus aller à l’usine, les gens sont en déficit de sens dans ce qu’ils font". Même s’il juge la question du pouvoir d’achat "essentielle", Maxime Prévot a insisté sur la recherche de la qualité de vie avant tout.

Pas inciter tous les gens à penser la même chose que nous

Alors à quoi va ressembler le cdH de 2019 ? Maxime Prévot n’a pas affirmé qu’il allait dans une direction différente des autres partis, mais qu’il allait le faire "avec authenticité et sincérité". Le cdH doit "quitter sa zone de confort", martèle-t-il : "Nous devons retourner vers la société civile, qu’elle bouillonne de réflexion". Il n’a d’ailleurs pas hésité à évoquer une évolution de la dynamique du cdH, qui doit être "porteur de sens et de futur enthousiasmant" plutôt que de continuer à défendre "des acquis et un héritage".

Le cdH serait-il devenu ringard, conservateur ? Ce n’est pas l’opinion de Maxime Prévot, même s’il veut être "lucide" sur le fait que "d’autres, et un nombre important d’électeurs" le pensent. Sur les sujets de bioéthique notamment, le cdH ne doit plus, selon son président, défendre une ligne de conviction. "On est dans une démarche qui touche aux valeurs et aux convictions de chacun, ces questions doivent être réglées par chacun en fonction de sa conscience personnelle, justifie Maxime Prévot. Il ne faut pas inciter tous les gens à penser la même chose que nous".


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Après une première réforme du parti, passé de PSC à cdH en 2002, Maxime Prévot songerait-il à abandonner le côté humaniste du parti et à définitivement enterrer son côté chrétien ? "C’est un héritage qui ne doit pas être renié, […] mais je ne pense pas qu’on doive structurer l’offre politique de demain sur les questions des faits religieux ou philosophiques", rappelle le président, affirmant toutefois que l’on ne peut pas "nier que toute la tradition européenne est judéo-chrétienne".

La N-VA a été lucide

Dans les faits, le cdH réaffirme sa volonté de rester dans l’opposition, même si son objectif est de revenir à 20%, pas d’ici 2024 mais peut-être 2029, une perspective plus lucide selon Maxime Prévot. Rester dans l’opposition, c’est "le choix du respect de l’électeur", estime le président, une "sanction, que nous avons entendue et que nous assumons." Alors pourquoi appeler les partis francophones à négocier avec les Flamands une septième réforme de l’État ? Pour Maxime Prévot, il faut "arrêter d’être sur la défensive" : "On a parfois le sentiment dans le paysage francophone que chaque fois qu’on prononce le mot institutionnel, c’est un gros mot. […] Mais on peut très bien utiliser la tuyauterie institutionnelle pour renforcer l’État", estime le président du cdH, face au "délitement de l’État", voulu selon lui par la N-VA.

Le cdH ne souhaite pas pour autant une réforme institutionnelle, mais il veut "éviter le pourrissement de la situation : en refusant de discuter, on fait le jeu des extrémistes." "Personne parmi les partis francophones n’a envie de travailler avec la N-VA, rappelle-t-il, et la N-VA n’a pas non plus envie de travailler avec le PS. Mais ils ont été lucides en constatant qu’au sortir des urnes, dans l’espace francophone, ça reste le premier parti." Selon Maxime Prévot, la menace du Vlaams Belang est suffisamment inquiétante pour que les deux grandes forces politiques du pays y fassent barrage. "On risque un retour précoce aux urnes, qui redonnerait encore plus de vent dans les voiles du Vlaams Belang", prévient le président du cdH, n’oubliant pas de rappeler que s’il s’agissait de garantir la stabilité de l’État, les humanistes participeraient… depuis l’opposition.

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