Enseignement flamand: un accord qui va "plutôt dans le sens de la N-VA"

Réforme de l'enseignement flamand - Accord sur un "masterplan"
Réforme de l'enseignement flamand - Accord sur un "masterplan" - © Belga

Le gouvernement flamand aura encore eu besoin de 20 heures de négociations pour trouver un accord sur sa grande réforme de l'enseignement secondaire. Cet accord permet d'éviter une crise au sein de la coalition flamande, mais en laisse beaucoup sur leur faim. Pour le politologue Dave Sinardet la victoire est surtout celle de la N-VA, la plus réticente dans l'avancement de ce dossier.

Ce n'est pas la grande réforme annoncée, car il aura fallu mettre beaucoup d'eau dans le vin. Le sp.a et le CD&V en voulaient plus, mais il leur a fallu composer avec les exigences de la N-VA.

Alors qu'en est-il du cœur de cette réforme ? Le premier degré de l'enseignement sera très large. Tous les élèves suivront un tronc commun de matières, et les écoles pourront organiser des options supplémentaires pour aider les élèves en difficulté.

Un resserrement sera par contre opéré lors du deuxième degré et du troisième degré. Davantage d'attention sera aussi accordée aux problèmes des enfants du primaire.
 
Cet accord ne sera effectif qu'en 2016, date à laquelle les écoles pourront décider de se réorganiser en fonction d'un domaine bien précis. C'est le résultat d'un compromis difficile, car comme l'explique le politologue Dave Sinardet, "les différents partis ont une interprétation assez diamétralement opposée de l'accord."
 
Dave Sinardet ajoute que "l'accord a vraiment chamboulé les perceptions politiques." Il explique que "le VOKA (le réseau d'entreprises flamand, NDLR) soutenait très fortement le sp.a dans sa demande de réforme de l'Enseignement, et non pas la N-VA qui ne voulait rien changer, alors qu'on associe souvent le VOKA aux nationalistes flamands." Et le politologue de souligner un autre changement dans les coalitions habituelles : "On a aussi vu soudainement le syndicat chrétien flamand ACV se mettre complètement sur la position de la N-VA, ce qui est surprenant."
 
Le gouvernement flamand a quelque part décidé de "bientôt décider", et si cela semble satisfaire tous les partenaires (puisqu'un projet de matrice "sauve" la dernière année de l'équipe de Kris Peeters), pour Dave Sinardet "finalement l'analyse est quand même aujourd'hui qu'on ne décide pas vraiment et ça, ça va quand même plutôt dans le sens de la NVA."
Selon lui, "le parti a voulu jouer sur une certaine peur qui existe chez les parents d'élèves du secondaire général, de voir une diminution de la qualité, de voir un mélange peut-être trop grand avec des étudiants du professionnel et du technique."
 
Accueil positif dans les réseaux
 
L'accord a reçu un accueil positif dans les réseaux d'enseignement catholique et communautaire de Flandre.
 
Sur les ondes de la VRT-radio, le ministre-président flamand Kris Peeters a souligné que le gouvernement flamand mettait en place "quelque chose dont tout le monde est convaincu", ... "un plan qui sera mis en place progressivement". Il faisait allusion à l'évaluation préalable du dispositif par des experts.

Toujours à la VRT, le ministre Pascal Smet s'est quant à lui dit persuadé que le plan serait mis en oeuvre.

De son côté, le président de la N-VA Bart De Wever a souligné que si l'évaluation démontrait que le plan ne constituait pas un plus pour chaque élève, il ne serait pas mis en oeuvre. Il a également placé ce dossier dans le contexte du scrutin de 2014, qui permettra selon lui à l'électeur de se prononcer sur la réforme.

Dans les réseaux, Miecke Van Hecke, directrice générale de l'enseignement catholique, a considéré que le nouveau dispositif qui permettra à l'élève de choisir entre cinq domaines, et à l'intérieur de ceux-ci, entre trois types de formation allant de la plus théorique à la plus pratique, était "acquis" à partir de 14 ans.

Son alter ego à la tête de l'enseignement communautaire, Raymonda Verdyck, a quant à elle dit espérer que la réforme pourrait commencer plus tôt qu'en 2016, première échéance annoncée.

L'accueil est plus mitigé en revanche à la centrale syndicale de l'enseignement catholique (COC), où l'on qualifie l'accord de compromis politique repoussant les décisions à 2016, sans faire disparaître la "hiérarchie" entre types d'enseignement.

"Le bien-être du personnel ne se retrouve nulle part dans l'accord", a ajouté le secrétaire général Jos Van Der Hoeven.

RTBF
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