Référendum: "Le système de représentation démocratique ne suffit peut-être plus"

Le principe du référendum est le sujet de notre débat. C’est lui qui est à la source du Brexit, en cours depuis trois ans. C’est aussi lui qui rythme la vie des Suisses à raison de quatre fois par an, environ. Une partie de la population belge réclame, elle aussi, ce référendum, qu’il soit d’initiative citoyenne, ou non. Certains le veulent, mais pour quels thèmes ? A quelles conditions ? Cela servirait-il la relation entre le politique et les citoyens ? Voici les grandes questions que nous posons.

Pour le PTB, le référendum est loin d’être dangereux. Par exemple, il aurait pu éviter le passage de la pension à 67 ans ou le saut d’index, selon Marco Van Hees. Il détaille comment son parti voit la mise en application du concept.

Par la voix de Fabian Culot, le MR ne semble pas fermer la porte à un référendum et se montre très ouvert à la consultation populaire. « Il faut trouver des réponses modernes. Elles ne passent pas que par le référendum, il y a d’autres pistes. La population attend aussi des débats rationnels ».

Olga Zrihen (PS) le dénonce : ne donner l’opportunité aux citoyens de s’exprimer tous les cinq ans est sans doute leur donner un manque d’action. Référendum, donc ? Ne faut-il pas craindre une instrumentalisation populiste de cet outil ? « Instrumentaliser le référendum comme ça a été le cas en Grande-Bretagne est un vrai scandale », confirme-t-elle.

Trop émotif ou trop technique pour la population, le référendum ? Céline Romainville (UCL) recadre le débat. Sa conclusion : le système de représentation démocratique ne suffit peut-être plus.

Un pays comme la Suisse est bien connu pour son système de référendum. Olivier Rubbers, membre de Wegov, le connaît bien. Il détaille ce système qui a pour lui bien des vertus et qui aurait empêché un scénario « Brexit ».

Vient ensuite le débat de savoir si ce référendum devrait être consultatif ou contraignant. Pour le MR, l’aspect consultatif doit être privilégié : « Devoir répondre par oui ou par non à une question sans nécessairement avoir l’ensemble des éléments du débat, ça peut créer des difficultés », dit Fabian Culot.

Ne pas rendre les consultations populaires contraignantes, « c’est penser que le peuple est trop con », pour Marco Van Hees (PTB). Pour son parti, c’est clair, le référendum doit être contraignant, « il faut que le peuple puisse décider. S’il vote, il doit avoir le dernier mot ».

Pour Sophie Rohonyi (DéFI), le référendum contraignant va trop loin. « C’est remplacer la démocratie représentative par une démocratie participative. Ça ne doit pas être l’un ou l’autre, il faut un équilibre ». Elle met également l’accent sur l’aspect informatif d’un référendum contraignant. La population doit selon elle être correctement informée avant de donner son avis. « On a vu ce que ça a donné avec le Brexit. Il faut que le citoyen vote en âme et conscience ».

Egalement avec nous pour débattre : Mustapha El Mezaz, citoyen et Olivier Carlens (collectif citoyen).

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