Refédéraliser les compétences: "pas une priorité" pour plusieurs membres du MR

Pas de débat institutionnel avant les législatives de 2019 pour Olivier Chastel, Jean-Luc Crucke défavorable à ce genre de mécanismes.
Pas de débat institutionnel avant les législatives de 2019 pour Olivier Chastel, Jean-Luc Crucke défavorable à ce genre de mécanismes. - © BELGA

Dans une carte blanche publiée dans La Libre et La Dernière Heure, plusieurs poids lourds du MR avancent l'idée de refédéraliser certaines compétences auparavant transférées aux entités fédérées, à savoir la santé, l'énergie, le climat, le commerce, l'agriculture ou encore la mobilité. L'idée est d'accélérer certains processus décisionnels dans ces différents domaines de compétences.

Le débat n'est pas vraiment nouveau, souvent remis au devant de la scène par l'Open VLD Alexander De Croo, ou encore par le MR, dont les jeunes publiaient en 2016 un "petit livre vert" pour refédéraliser les politiques de l'énergie et du climat.

Le MR a d'autres priorités

La question est-elle donc à l'ordre du jour ? Pour d'autres membres du MR, il semblerait que non.

Pour Jean-Luc Crucke, fervent régionaliste, il ne s'agit que de "réflexions de plage liées à l'été un peu chaud". Le ministre wallon des Finances, du Budget, de l'Énergie ne se dit "pas du tout à titre personnel favorable à ce genre de mécanismes. La priorité pour moi aujourd'hui, c'est clarifier la situation sur le plan interne francophone, la suppression des provinces, le transfert des compétences de la fédération vers les régions".

Pour le président du MR Olivier Chastel, l’heure n’est pas aux discussions institutionnelles. "Elles n’ont pas été au centre des discussions au cours cette législature et ne le seront avant son terme." Le MR planche sur son programme dans le cadre des législatives de 2019, en ce compris sur le chapitre institutionnel. "Pour l’heure, le Mouvement Réformateur se focalise pleinement sur les nombreuses mesures à mettre en oeuvre et qui visent à améliorer durablement le bien-être de tous."

Un débat mort dans l’œuf

Interrogé à ce sujet sur le plateau d'À votre avis en 2016, Charles Michel estimait déjà qu'une septième réforme de l'État était "tout-à-fait prématurée". En tant que Premier ministre, Charles Michel voulait rester à l'écart du débat et ne s'exprimer sur le sujet qu'"en fin de législature".

"Je veux être totalement concentré sur ma tâche, le développement économique, les réformes, tenir le pays dans le bon sens", justifiait-il. "Je pense que ce n'est pas mon rôle de perdre maintenant de l'énergie en m'exprimant sur ce sujet-là. Que le débat ait lieu, c'est la démocratie et je respecte ça. Le moment venu, c'est-à-dire en fin de législature, je m'exprimerai et je donnerai mon avis en toute liberté sur l'avenir du pays."

Finalement, le débat revient régulièrement mais jamais n'avance vraiment. Compte tenu des forces en présence, le sujet est quasi mort-né : ce genre de réforme de l'État implique en effet de réunir à la Chambre une majorité des deux-tiers et en outre une majorité dans chaque groupe linguistique : or la N-VA n'en veut pas, ni même le Cd&V qui a refermé la porte. L'idée ne fait pas plus l'unanimité au sein du MR.

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