Redémarrer Doel et Tihange: "une décision correcte" selon W. De Roovere

L’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a autorisé le redémarrage des réacteurs de Doel 3 et Tihange 2. Interrogé par Bertrand Henne, l’ancien directeur de l’Agence Willy De Roovere trouve que "c’est une décision correcte" compte tenu des résultats des derniers tests. En février dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire française publiait un document qui concluait que, si les deux réacteurs belges à l’arrêt étaient en France, on n’autoriserait pas leur redémarrage. On pourrait se demander s’il n’y avait pas "intérêt national français" derrière cette lettre "afin de montrer qu’ils voyaient la sûreté comme quelque chose d’important".

Willy De Roovere avait fait part de son inquiétude lors de l’été 2012 au sujet du nombre de fissures détectées dans les deux réacteurs. Mais aujourd’hui, dit-il, on sait que "les défauts en questions sont assez parallèles à la surface, pour cette raison ils ne posent pas de problème sur le plan théorique". Il poursuit : "on est sûr que les défauts devaient exister depuis le début".

L’AFCN n’a jamais subi de pressions de la part de l’exploitant des centrales Electrabel, ni de la part du gouvernement pour accélérer la remise en service des réacteurs, assure Willy DE Roovere.

Contrôleur fort et indépendant

Dans une interview publiée par De Morgen, l’actuel patron de l’AFCN Jan Bens déclarait que les éoliennes étaient plus dangereuses que les centrales nucléaires. Pour Willy De Roovere, cette déclaration "a été gonflée d’une manière anormale" par le journal, "ce n’est pas correct. Si une pale se décroche d’une éolienne et perce un réservoir qui contient des produits  chimiques, il peut y avoir un nuage très dangereux qui peut tuer des gens. Pour moi la grande différence entre la chimie et le nucléaire, c’est qu’un nuage (chimique) passe et disparaît, alors que pour le nucléaire, il y a un impact qui dure dans le temps. C’est pour cela que le secteur nucléaire est très contrôlé".

"Le nucléaire existant a certainement encore un avenir et il faut un contrôleur fort et indépendant afin de continuer à rassurer la population et à diminuer les risques" pour Willy De Roovere. Mais il conclut en disant que, dans le contexte actuel en Europe, il est presque impossible de se décider en faveur de nouvelle installations nucléaires.

A.L. avec B. Henne

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