Reconnaissance des mosquées: la sûreté de l'Etat contredit Liesbeth Homans

Liesbeth Homans avait déjà demandé en décembre au ministre de la Justice Koen Geens que la Sûreté lui envoie les informations nécessaires en vue d'éventuels retraits de reconnaissance.
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Liesbeth Homans avait déjà demandé en décembre au ministre de la Justice Koen Geens que la Sûreté lui envoie les informations nécessaires en vue d'éventuels retraits de reconnaissance. - © DIRK WAEM - BELGA

Liesbeth Homans veut couper les subsides de la 2e plus grande mosquée du pays au motif que son imam espionne les fidèles pour le compte de la Turquie. Elle base ses accusations sur des documents de la Sûreté de l'Etat, mais la sûreté n'a pas du tout la même lecture qu'elle. Quand au CD&V, il opte pour la concertation et le dialogue pour gérer les divergences vue. Bart Tommelein (Open VLD) veut, lui, une discussion devant le Parlement.

La Sûreté de l'Etat explique qu'elle a rédigé un rapport sur Dyianet, un réseau qui dépend de la Direction turque des Affaires religieuses. Ce rapport avait été demandé par le ministre de l’Intérieur Jan Jambon en réaction aux révélations parues dans la presse sur des imams espions. Le rapport conclut qu’il y a bien des tentatives d'influence d'Ankara sur les fidèles mais pas de preuve d'espionnage.

Quant à la mosquée de Beringen, elle est juste citée de manière indirecte. Ses enquêteurs s'intéressent à son ancien imam. Rien de plus. Mais la ministre flamande a déjà réagi aux déclarations de la Sûreté de l'Etat. C’était sur le plateau de la VRT, et elle ne s’est pas démontée : "Juger de la reconnaissance est de ma compétence exclusive. Si la Sûreté de l’Etat estime que, dans ce rapport il n’y a aucune objection fondamentale, alors je pense que la Sûreté de l’Etat ferait mieux de le rendre public."

Reste à connaître à présent la réaction de l'Exécutif des Musulmans de Belgique. C'est lui qui doit décider si oui ou non la mosquée de Beringen va perdre sa reconnaissance.

Le CD&V mécontent 

Le CD&V, de son côté, n'est pas satisfait de la manière avec laquelle la ministre flamande des Affaires Intérieures Liesbeth Homans (N-VA) a géré le dossier et l'a fait savoir, jeudi, via le député flamand Ward Kennes."Il ressort de différentes réactions qu'il n'y a eu aucune concertation ou aucun contact préalable avec l'Exécutif des musulmans de Belgique, les pouvoirs locaux, la mosquée elle-même ou l'Etat fédéral. Il s'agit pourtant d'une décision exceptionnelle et grave. Une approche coordonnée avec toutes les parties est indiquée", a souligné le député chrétien démocrate flamand.

Bart Tommelein (Open VLD) : "Si une discussion est menée, elle doit l'être au Parlement"

Le vice ministre-président flamand Bart Tommelein (Open VLD) n'a pas souhaité s'exprimer vendredi quant aux déclarations de sa collègue Liesbeth Homans (N-VA), contredites par la Sûreté de l'Etat, dans le cadre de la décision de fermeture de la mosquée Fatih à Beringen. "Si une discussion est menée à ce sujet, elle doit l'être au parlement", a commenté M. Tommelein sur les ondes de Radio 1.

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