Reconfiner localement des quartiers ou des villes : "Je crois que c'est nécessaire", estime Denis Ducarme

Denis Ducarme
Denis Ducarme - © RTBF

Le Conseil national de sécurité (CNS) se réunit ce lundi afin d'envisager de nouvelles mesures à prendre face à la recrudescence des contaminations au coronavirus en Belgique. Le Celeval (la cellule d'évaluation) présentera un rapport actualisé de la situation épidémiologique. Interrogé sur La Première, le ministre fédéral des Classes moyennes et des Indépendants Denis Ducarme (MR) constate que "les mesures que les initiatives à prendre sur le plan local tardent : le CNS de jeudi dernier a mis à disposition des bourgmestres un arsenal de mesures qui peuvent être activées. Je ne veux pas parler uniquement d'Anvers : il y a un seuil inquiétant, qui est l'incidence hebdomadaire en termes de contaminations dans un certain nombre de communes au nord du pays qui dépassent aujourd'hui un pour mille habitants. Cela implique qu'il y ait des mesures fortes qui soient prises. Aujourd'hui le bourgmestre est une des institutions les plus précieuses que nous avons à notre disposition. La majeure partie d'entre eux sont au rendez-vous et ont pris clairement la mesure de la situation à laquelle nous sommes confrontés".

Certaines communes imposent le port du masque en permanence, mais pas à Anvers : "Je crois qu'il faut de la cohérence et il n'y en a pas. Je ne veux pas focaliser sur Anvers, d'autres communes sont touchées. Je ne vais pas tomber dans un jeu politique par rapport à Bart De Wever. La situation est trop grave pour jouer à un jeu de ping-pong politique. La Belgique n'est pas une république communale où l'avenir sanitaire du pays serait suspendu au bon vouloir de quelques rares bourgmestres n'auraient pas pris pleinement la mesure de la situation. Je souhaite que, à l'issue du CNS de ce lundi, on se dote de la possibilité d'imposer des décisions à l'échelle locale lorsque cela tarde", poursuit Denis Ducarme.


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Le ministre constate "qu'il y a un certain nombre de situations locales qui sont particulièrement inquiétantes. Si on veut enrayer cette deuxième vague, il faut prendre des dispositions comme d'autres pays ont fait, en Allemagne ou en Catalogne. Pour freiner le virus, un certain nombre de mesures de reconfinement de quartier, de ville ont été décidées. Je crois que c'est nécessaire en Belgique. Dans certaines zones, si on ne prend pas des mesures qui reconfinent de manière locale, je crois qu'on n'aura pas fait tout ce qu'il fallait".

Prolonger le droit passerelle

Certains clients d'établissements horeca sont réticents à donner leurs coordonnées au personnel. "C'est la règle et tout le monde doit s'y soumettre. Les clients doivent comprendre : ce n'est pas toute la table, c'est un client, et ce sont des informations qui restent disponibles pendant 14 jours, et puis qui sont détruites. Chacun doit jouer le jeu, c'est pour protéger autant le restaurateur que ses salariés, et que les clients eux-mêmes. Cela va à l'encontre de notre culture en termes de respect de la vie privée, mais on est dans une situation où il faut s'inscrire dans la transmission des informations. Plus vite on sortira de cette crise, plus vite on retrouvera le contrôle total de notre vie privée", dit encore Denis Ducarme.

Le droit passerelle est actuellement acquis pour les indépendants jusqu'au 31 août. "Je suis en train de travailler à la prolongation de ce droit passerelle, que j'espère pouvoir mettre en place jusqu'à la fin de l'année".

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