Réactions racistes après la mort d'un ado: "La consternation ne suffit pas, il faut des actes"

Comment réagir face au déferlement de commentaires racistes? La Flandre se pose la question après les réactions nauséabondes au décès d'un jeune flamand d'origine marocaine. La ligue de défense flamande a publié un article sur Facebook avec la question "Est-ce cela le Flamand type auourd'hui?", déclenchant des commentaires haineux.

De nombreux responsables politiques ont condamné ces propos. Mais pour certains ces commentaires sont hypocrites, dès lors que rien n'est entrepris pour combattre le mal à la racine.

Le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) a été l'un des premiers à condamner la vague de réactions racistes. Pour Geert Bourgeois, cela démontre à quel point le travail est encore important en matière de cohésion et d'intégration. Le président du sp.a, socialiste flamand dans l'opposition, John Crombez a salué cette réaction qu'il juge forte.

Hypocrisie

Mais toute l'opposition flamande ne le voit pas de la même manière. Sur Twitter, le député Groen Kristof Calvo tient à exprimer sa colère vis-à-vis de la N-VA. Pour ce député fédéral les réactions nationalistes sont hypocrites, ils banalisent la xénophobie et donc le racisme. Et Kristof Calvo rajoute : qui sème la division récolte la haine, une remarque qu'il adresse notamment au secrétaire fédéral Theo Francken.

Du côté des acteurs de terrains, on pointe également une responsabilité des discours politiques et on réclame des actions concrètes. Assez parlé dit le directeur du Forum des minorités en Flandre Wouter Van Bellingen. Sur les ondes de la VRT, il renvoie à la responsabilité du gouvernement fédéral et aux promesses de Charles Michel de combattre le terrorisme mais aussi le racisme. "C'est incroyable qu'il doive mourir deux fois (...) Le ton est donné par la classe politique (...) La consternation ne suffit pas. La responsabilisation est importante et cela demande des actes".

Patrick Charlier, d'Unia, le centre interfédéral pour l'égalité des chances, rappelle qu'il est difficile de poursuivre tous les auteurs de propos racistes, car cela noierait les services de police et de justice sous les dossiers, (il y a eu l'an dernier 365 dossiers pour appel à la haine raciale, un par jour) mais affirme pratiquer une politique menant au retrait des messages à caractère raciste, le "notice and take down". Dans ce cas, la Ligue de défense flamande a depuis retiré son article sur Facebook.

La séquence du JT

Ecoutez aussi les réponses du juriste Stéphane Hoebeke dans Matin Première. Que risquent les auteurs de propos racistes sur Internet ? Quelles sont les règles en la matière ? Les sites de presse qui ne modèrent pas les commentaires racistes sont-ils passibles de sanctions ? 

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