RDC: Didier Reynders dénonce la rébellion et les "soutiens extérieurs"

Le Premier ministre congolais Augustin Matata et le ministre des Affaires étrangères belge Didier Reynders
Le Premier ministre congolais Augustin Matata et le ministre des Affaires étrangères belge Didier Reynders - © Belga

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, et le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo ont dénoncé vendredi conjointement la rébellion à l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et ses "soutiens extérieurs", une référence claire au Rwanda même s'ils se sont gardés de nommer explicitement le petit pays voisin. Ils ont appelé le sommet de la Francophonie à condamner publiquement l'ingérence.

Didier Reynders et Augustin Matata se sont entretenus pendant une heure vendredi matin, à la Primature congolaise, en marge du 14ème sommet de la francophonie. Ils ont évoqué le processus de réformes démocratiques et économiques au Congo, mais la violence à l'est - désormais qualifiée de "guerre" - a retenu le plus d'attention.

"Le rétablissement de la paix est la priorité des priorités", a affirmé M. Matata à la presse. "La guerre plombe nos efforts" et absorbe des ressources budgétaires destinées à la santé, à l'éducation et aux infrastructures, a-t-il ajouté, jugeant impossible d'oeuvrer à ces priorités "pendant que nos frères sont massacrés, piétinés, violés".

"Nous souhaitons avoir le soutien de tous les pays" de la francophonie pour condamner une rébellion dont "l'appui extérieur est reconnu", a-t-il encore indiqué.

"Il faut que la rébellion cesse", a renchéri M. Reynders. "J'espère que le sommet de la Francophonie va aller dans ce sens", en condamnant la mutinerie M23 et "tout soutien extérieur", a-t-il dit.

Didier Reynders se distancie de François Hollande

Le chef de la diplomatie belge a également pris vendredi ses distances avec les propos du président français François Hollande, qui a jugé cette semaine "tout à fait inacceptable" la situation des droits de l'homme en République démocratique du Congo (RDC). "Je regrette toujours qu'il y ait des déclarations très fortes qui sont davantage destinées à l'opinion nationale", a-t-il dit.

Mais ici, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo et le député d'opposition Samy Badibanga. Les deux interlocuteurs tiennent des discours très différents sur l'état de la démocratie au Congo.

"En ce qui concerne la démocratie, ce pays a réalisé beaucoup de progrès", a affirmé M. Matata en demandant "combien de parlements en Afrique ont un tel pourcentage de députés issus de l'opposition". S'il admet "des insuffisances, comme dans le monde entier" en matière de droits de l'homme, le Premier ministre estime que son pays est "une jeune démocratie qu'on ne peut pas comparer aux vieilles démocraties".

Pour M. Badibanga, au contraire, "on ne peut pas vraiment parler de progrès démocratiques". Le député, qui préside le groupe de l'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS) à l'Assemblée nationale, pointe en particulier la lenteur de la réforme de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et la difficulté de nommer un porte-parole de l'opposition comme le prévoit la Constitution.

Du côté belge, M. Reynders a dit "appuyer le Premier ministre dans ses démarches de réforme" tant économiques que politiques. "Les réformes doivent se faire à un rythme soutenu", a-t-il ajouté, lors d'un point de presse conjoint avec M. Matata.

RTBF avec Belga

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