Rapprocher les deux sessions d'examens: "Une fausse bonne idée, les étudiants ont besoin de temps"

Enchaîner les deux sessions d'examens ? Certains étudiants verraient ça d'un bon œil, mais à condition de ne pas avoir de gros échecs.
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Enchaîner les deux sessions d'examens ? Certains étudiants verraient ça d'un bon œil, mais à condition de ne pas avoir de gros échecs. - © Pierre Wuidart - RTBF

Ils ont raté un examen en juin. Et ils ont une chance de corriger le tir en août. La deuxième session commence en cette période pour les étudiants du supérieur. Et cette question : est-ce qu’un mois et demi, voire deux mois entre les deux sessions d’évaluation, ce n’est pas trop long ? En France, certaines universités organisent des rattrapages dès le mois de juin.

"Ça pourrait être une bonne chose d’enchaîner directement sur la deuxième session, ça permettrait de rester dans l’ambiance étude", explique Lucas, étudiant en kiné à Liège. Martin abonde dans le même sens : "Si on me laissait une semaine ou dix jours après un échec pour repasser l’examen, ça pourrait être bien. Pas avec un deux ou un trois, mais avec un huit ou neuf, je pense que ce serait possible."

"Un blocus et une session d’examen, c’est lourd psychologiquement. Il faut un break"

Juliette, étudiante en chimie à l’ULB voit du pour et du contre dans cette idée : "C’est vrai que souvent, quand on sort d’un examen, on se dit : 'Il me manque deux, trois heures d’études et j’aurais pu le réussir'. Mais en même temps, un blocus et une session d’examen, c’est lourd psychologiquement. On n'en sort brisé. Rajouter quelques semaines à ça, c’est pas possible. Il faut un break".

Une idée qui découle du bac français

Marc Romainville est responsable du service de pédagogie universitaire à l’UNamur. Selon lui, rapprocher les deux sessions est "une fausse bonne idée qui vient en fait du baccalauréat français. Quand les écrits ont conduit à un échec global, l’élève peut accéder à un oral de rattrapage qui porte sur les mêmes matières. La logique, c’est de se dire que la forme orale peut permettre aux évaluateurs de mieux apprécier la maîtrise des acquis de l’élève. Il s’agit donc d’une autre forme d’évaluation". Or, la session d’août, ce n’est pas la même chose. Ici, par souci de justice et d’équité, le principe n’est pas de changer la forme de l’examen. Il s’agit plutôt d’offrir une deuxième chance à l’étudiant. "Si c’est une deuxième chance, il faut laisser à l’étudiant le temps de se réapproprier la matière, parce que manifestement, ça n’a pas marché la première fois."

Du côté de la Fédération des étudiants francophones, on n’est pas non plus favorable à un rapprochement des sessions. Chems Mabrouk, présidente de la FEF : "Deux sessions éloignées permettent aux étudiants de se poser devant leur examen, d’évaluer ce qui n’a pas été, de prendre du repos, d’étudier différemment, de suivre des remédiations, voire d’assister à des blocus assistés, bref, de mettre toute une série de choses en place pour favoriser l’aide à la réussite". Elle insiste aussi sur le bien-être que permet une pause : "Recommencer un nouveau blocus juste après le premier, ça peut être très stressant. Surtout que c’est parfois la dernière chance pour des étudiants qui risquent de ne plus être financés en cas d’échec."

S’il fallait encore ajouter un argument contre l’idée de deux sessions plus proches, Marc Romainville prendrait le cas des étudiants salariés. "Les étudiants qui travaillent en parallèle ont moins de temps d’étude disponible. Certains étalent leurs examens de mai à août." Deux sessions qui se succèdent, ce serait aussi plus compliqué pour eux.

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