Rapport sur les trains Fyra aux Pays-Bas: une secrétaire d'Etat démissionne, l'Etat belge épinglé

La secrétaire d’État néerlandaise à l'Infrastructure, Wilma Mansveld, a remis sa démission ce mercredi.

Cette démission fait suite à la publication des résultats de l'enquête menée par une commission du parlement sur la débâcle des trains à grande vitesse Fyra. Dans son rapport, la commission accuse, entre autres, la secrétaire d’État néerlandaise, Wilma Mansveld, d'avoir mal informé le Parlement sur les tenants et aboutissants du marché qui devait lier l’État néerlandais et le constructeur italien AnsaldoBreda.

Le rapport de la commission d'enquête "Fyra" met à jour une succession d'erreurs, expliquent nos confrères de la VRT. Il n'y a pas que la secrétaire d’État qui soit citée dans le document: son collègue des Finances, Jeroen Dijsselbloem, n'aurait, lui non plus, pas informé de façon complète le parlement néerlandais sur le sujet; et l'ancien ministre Camiel Eurlings aurait même trompé le Parlement.

Le Fyra a été lancé pour la première fois en décembre 2012, aux Pays-Bas, pour relier Bruxelles à Amsterdam. Les trains du constructeur italien AnsaldoBreda étaient les moins chers, mais l'expérience fut un désastre. De nombreux problèmes techniques ont forcé, après quelques semaines, les autorités à les mettre à l'arrêt. Pour les chemins de fer néerlandais (NS), les trains Fyra furent une débâcle financière.

Instances belges mises en cause

L’État belge, et la SNCB, sont aussi épinglés dans le rapport néerlandais. "Le Comité note que l'État belge et la SNCB ont pas agi comme des partenaires fiables", peut-on y lire. La SNCB aurait également recherché ses propres intérêts au détriment des meilleures solutions pour le transport.

Dans une réaction, la SNCB affirme avoir été un bon partenaire dans ce dossier et bien collaborer avec son homologue néerlandaise depuis la suppression du Fyra. "Je constate que nous avons développé le plus rapidement possible des alternatives avec la NS directement après le constat d'échec du Fyra. Nous en sommes maintenant à 16 trains par jour (des trains IC entre Bruxelles et Amsterdam, NDLR)", souligne un porte-parole, assurant, au regard de ces chiffres, que l'intérêt du voyageur est primordial pour la SNCB.

Des mesures internes ont été prises afin d'éviter que des erreurs comparables à celles rencontrées début 2013 lors de la débâcle du train à grande vitesse Fyra, qui devait relier Amsterdam à Bruxelles, se reproduisent à l'avenir lors de l'acquisition de nouveaux trains, fait savoir mercredi la société des chemins de fer néerlandais NS à la suite de la publication du rapport de la commission parlementaire néerlandaise chargée d'enquêter sur le fiasco. Également visée, la SNCB souligne elle la bonne collaboration qu'elle a développée depuis lors avec la NS pour mettre en place des alternatives.

Les chemins de fer néerlandais, sévèrement lugés sur ce dossier, se défendent aussi. D'après le document, la NS n'a pas pu réaliser ses ambitions et tenir ses promesses dans le cadre de cette liaison ferroviaire entre les deux capitales. "Ce rapport mérite d'être étudié en profondeur. Le projet Fyra est devenu une grande déception pour le voyageur et pour nous", poursuit l'entreprise publique néerlandaise. "La NS veut tirer les leçons de l'enquête sur le Fyra en effectuant des améliorations. Elle écoutera d'ailleurs attentivement les résultats des délibérations politiques et les recommandations de la commission."

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