Nucléaire : Marie-Christine Marghem (MR) veut entendre les auteurs du rapport du Conseil supérieur de la santé à la Chambre

Le rapport du Conseil supérieur de la Santé (CSS) sur l’énergie nucléaire dans notre pays était au cœur de l’interview de Matin Première ce mardi. Ce document estime notamment que "les réacteurs nucléaires ne constituent pas une solution aux choix à réaliser par la Belgique".

Marie-Christine Marghem, ancienne ministre fédérale de l’Energie, a critiqué ce rapport qui, selon elle, "comporte des biais d’analyse" et "se termine par une conclusion purement idéologique qui montre que l’ensemble de ces scientifiques est fiché sur la décroissance. C’est tout à fait respectable mais ce n’est pas scientifique".

"Vous avez des choses dans le corps du rapport qu’on ne retrouve pas à la fin du rapport. […] Sur le plan scientifique c’est nul", dénonce-t-elle. Et de pointer un texte qui "sent l’idéologie et la naphtaline".


►►► Lire le rapport complet du CSS : "Risque nucléaire, développement durable et transition énergétique" 


Marie-Christine Marghem critique trois experts parmi les 23 qui ont participé à l’analyse et qui "ont refusé de se faire identifier alors qu’ils avaient un avis dissident. Sur le plan scientifique, c’est nul. Ce rapport ne peut pas servir de base au gouvernement pour faire des choix".

Celle qui est aussi députée fédérale souhaite auditionner en commission Energie à la Chambre les personnes qui ont travaillé sur ce texte, "y compris ceux qui ne l’ont pas signé". Selon elle, "à partir du moment où les experts veulent faire de la politique comme c’est le cas ici, le politique doit rester prudent."

A qui profite ce rapport ? "Je ne sais pas quelle est la manipulation, soit elle vient d'initiative de personnes qui se trouvent à l'intérieur de ce pool d'experts et qui sont orientés idéologiquement, ou alors ce rapport a été commandé par des gens qui veulent faire accroire l'idée qu'il faut cesser de produire de l'électricité avec le nucléaire dans notre pays."

C’est extraordinaire que [ce rapport] tombe quelques jours avant l’ouverture de la COP26

Pour l’ancienne ministre de l’Energie du gouvernement Michel, pas question d'abandonner le nucléaire. Elle affirme qu'un tel choix "va nous mettre dans un problème de sécurité d’approvisionnement, dans un problème d'augmentation des factures d’électricité parce que le gaz coûte cher et dans un problème relatif au CO2".

A quelques jours de la COP26, ce rapport tomberait donc à pic ? "C’est extraordinaire que [ce rapport] tombe quelques jours avant l’ouverture de la COP26 où on va expliquer tout ce que la Belgique veut faire pour réduire les émissions de CO2."

Parfum de crise politique ?

Marie-Christine Marghem se place en opposition avec l’actuelle ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten (Groen). Celle-ci affirme qu'"on ne remplace pas le nucléaire par le gaz, on remplace le nucléaire par une énergie renouvelable et pour laquelle les centrales à gaz vont servir de back-up. On confirme la loi de sortie du nucléaire".

"Ça ne va pas du tout", s'exclame Marie-Christine Marghem. Elle enchaîne : "Vous ne diminuez pas le CO2 si vous remplacez l’énergie nucléaire qui produit peu de CO2 par le renouvelable qui produit peu de CO2 parce qu’on utilise le vent, mais qui, comme elle est intermittente, a besoin qu’on mette en route des centrales à gaz pour compenser."

La coalition Vivaldi tangue… Y aurait-il là un parfum de crise politique ? "Peut-être", glisse la libérale qui ajoute "ce n’est pas parce que c’est la ministre de l’Energie qui fait des raisonnements faux parce qu’elle est captive de son idéologie que je vais laisser faire."

Et de conclure : "C’est comme dans un mariage, il y a toujours de la discussion. L’amour et la confiance, ça demande des preuves."


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