Raoul Hedebouw (PTB): "Il y a un gros problème de démocratie en Belgique"

Les négociations ont repris entre direction et syndicats chez ArcelorMittal. Pour Raoul Hedebouw, "il faut refuser ce chantage. Toute une région est soumise au chantage d’une multinationale qui ne pense qu’à une seule chose, c’est se faire du fric. Et au nom de cette chasse au profit, on va fermer des usines qui produisent un acier du futur. Et les pouvoirs publics laissent faire. Et ils aident même : ArcelorMittal a payé 496 euros d’impôts en 2010 soi-disant pour créer de l’emploi".

Pour lui, la privatisation a mené à la catastrophe. "Dans les années 95-96-97, les pouvoirs politiques ont privatisé des banques comme Fortis et le Crédit communal, et Cockerill Sambre. Dix ans plus tard, Fortis s’écroule et l’industrie sidérurgique s’écroule".

Pour Raoul Hedebouw, c’est clair : il faut renationaliser, malgré les règles européennes. "Il y avait aussi des règles qui interdisaient de sauver les banques. Or on les a sauvées à coups de milliards d’euros, malgré les règles européennes. Il faut arrêter ce deux poids/deux mesures. L’ensemble des règles européennes établissent une concurrence sans fin entre travailleurs européens : une concurrence fiscale, une concurrence sur le salaire. Et cela mène vers moins de salaire et plus de crise".

Mais ArcelorMittal ne veut pas revendre. Quelle solution dès lors ? "Quand on est à ce degré d’incivisime de la part de Mittal, on peut prendre des mesures d’urgence sociales, qui sont celles d’une expropriation".

Autre sujet qui a fait l’actualité ces derniers jours : la venue en Belgique du riche français Bernard Arnault, probablement pour échapper aux impôts français. "La Belgique jour le rôle de paradis fiscal. Si les riches viennent ici c’est pour casser les tarifs fiscaux dans les autres pays. Au moins égalisons nos différentes fiscalités vers le haut. Le PTB se bat pour une taxe des millionnaires, d’un petit pourcent sur une fortune de plus d’un million d’euros. Il y a 88 000 familles qui sont millionnaires en Belgique. Et cela augmente", réagit Raoul Hedebouw. "L’UE doit prendre des mesures contre les paradis fiscaux. En Belgique on en est un. Et il faut une levée du secret bancaire. L’Etat sait tout des travailleurs. Mais pour les revenus du capital, on ne sait rien. Certains pas sont faits, mais c’est largement insuffisant".

Dans Le Soir, le politologue Pascal Delwit affirme que le PTB présente des idées attractives à la population mais cache le projet pour lequel ils se battent : une société socialiste fondée sur la dictature du prolétariat.

Une analyse qui amuse Raoul Hedebouw. "Le PTB est tout à fait démocratique. Mais c’est vrai que notre grille d’analyse est celle que l’histoire sociale de la Belgique ne s’est pas écrite principalement dans les parlements. La journée des 8 heures, c’est le mouvement ouvrier qui l’a imposée et le Parlement qui a suivi. Le PTB a beaucoup changé ces dernières années. Il est beaucoup plus concret. Ça ne suffit pas de dire qu’il faut un changement de société, il faut le prouver par A plus B. C’est ce qu’on fait dans les communes où nous sommes représentés,à Herstal, Seraing, La Louvière".

Le porte-parole du PTB estime qu’il faut redonner du pouvoir au Parlement belge. "Je constate que le Parlement belge n’a jamais eu aussi peu de pouvoir qu’aujourd’hui. Quand on voit tout ce qui est imposé par l’UE. LE PTB trouve qu’il y a un gros problème de démocratie en Belgique". Plus de pouvoir par le Parlement belge, mais surtout plus de pouvoir pour le mouvement ouvrier. "On le voit en Espagne, en Grèce, on voit que les parlementaires ne vont pas protéger nos familles".

Et de présenter ses priorités pour les communales : "Notre priorité numéro 1, c’est la sécurité d’emploi, de logement, de payer de taxes payables, d’un enseignement digne, crédible et égalitaire. Je demande à tous les partis qui se disent de gauche, de prendre en main une gestion sociale de leur commune".

RTBF

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