Raoul Hedebouw (PTB-GO!): "Compromis oui, compromissions non"

Raoul Hedebouw (PTB-GO!): "Compromis oui, compromissions non"
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Raoul Hedebouw (PTB-GO!): "Compromis oui, compromissions non" - © Tous droits réservés

Le PTB-Go! devrait faire une percée le 25 mai prochain en Wallonie mais aussi à Bruxelles. Une tendance confirmée par un dernier sondage publié ce jeudi par La Libre Belgique. Si son porte-parole, Raoul Hedebouw, attend de voir les résultats, il parle d'"un vote d'adhésion d'un peuple de gauche qui en a marre de voir que tous les partis vont au centre" et prennent des mesures antisociales. "Compromis oui, compromissions non", dit-il.

Transiger avec ses principes, ce n'est donc pas pour le PTB-GO!. Pour Raoul Hedebouw, il est inadmissible "que des partis qui se revendiquent de la gauche, comme Ecolo et le PS, votent la chasse aux chômeurs, la privatisation des services publics, la fin des prépensions, le gel des salaires".

Il rappelle notamment que les quatre partis traditionnels ont voté le cadre d'austérité européen, le fameux TSCG, "qui nous impose 7 milliards par an d'austérité".

"Il est temps de retrouver une voix de gauche au parlement", dit-il, "et c'est ça que va apporter une voix du PTB, c'est d'apporter un peu de cette fraîcheur à nouveau".

Non à l'austérité

"Si le PTB est invité à entrer dans un gouvernement pour appliquer l'austérité, il dira non. Si maintenant, il voit qu'il y a des partenaires qui veulent vraiment aller à contre-courant et aller chercher l'argent où il se trouve...", affirme Raoul Hedebouw qui s'étonne que les quatre partis traditionnels s'approprie leur revendication concernant l'impôt sur la fortune. "Comme par hasard à deux semaines des élections, tout le monde est pour une taxe des millionnaires, un impôt sur la fortune. Comme par hasard. C'est déjà un acquis du PTB. Il y a 5 ans, on ne parlait pas d'un impôt sur la fortune. Le PTB débarque et le PTB mène campagne et maintenant tous les partis traditionnels commencent à s'aligner".

A ce sujet, il précise que seuls "3% des Belges vont être touchés par la taxe des millionnaires". "On parle vraiment des super riches, des gens dont la richesse continue d'augmenter".

"L'université d’Anvers vient de publier une étude démontrant que 5% de la population belge possédait 75% des patrimoines de la richesse nationale (32% en réalité car cette étude affirme que le patrimoine des 5% les plus riches, équivaut au patrimoine cumulé des 75% les plus pauvres, ndlr)", précise-t-il, "on ne peut pas continuer comme cela, les riches plus riches, les pauvres plus pauvres".

Des députés dans le rue pour mener le combat social

L'idée, précise-t-il, n'est pas de sortir de l'Europe mais du cadre d'austérité européen. Il donne en exemple la journée de huit heures réclamée par les ouvriers à l'époque : "Quand le mouvement ouvrier a posé la question de la journée des huit heures, tout l'establishment a déclaré les ouvriers comme étant fous, que cela allait mettre notre compétitivité à plat, que cela allait créer la crise économique. Heureusement que le mouvement ouvrier, à cette époque-là, a pris son réalisme en main en disant : 'Non! Cette journée des huit heures, on l'a veut parce qu'on n'a jamais produit autant de richesses en Belgique qu'à ce moment-là".

"C'est ce réalisme là", poursuit-il, "ce réalisme du mouvement syndical, du mouvement populaire pour celui de se battre pour nos droits, que nous voulons insuffler à nouveau dans les parlements. Et c'est ça aussi qu'un électorat de plus en plus grand est en train de sentir, de dire : 'Oui, on veut retrouver des députés qui sont avec nous dans le rue pour mener le combat social'".

"Il n'y a plus de libre concurrence"

Selon lui, le problème aujourd'hui est l'impuissance du monde politique face aux multinationales comme ArcelorMittal ou Caterpillar.

"Je constate, aujourd'hui, qu'une grosse partie de notre économie est complètement contrôlée par des monopoles. Qu'on me dise c'est la libre concurrence en Belgique, mais je rigole. Quatre banques contrôlent l'ensemble de notre secteur bancaire ; six multinationales de la voiture contrôlent l'ensemble du marché mondial ; deux multinationales de l'aviation fabriquent l'ensemble des avions dans le monde : Airbus et Boeing ; donc la libre concurrence, il n'y a plus de libre concurrence", explique-t-il.

En d'autres termes, l'Etat doit reprendre les choses en main. Pour commencer, dit-il, il faut arrêter de privatiser à tour de bras. Il donne en exemple le crédit communal et la CGER qui, 10 ans à peine après leur privatisation, ont dû être renflouées.

"Maintenant, on doit avoir une rupture avec ces politiques d'austérité et de privatisation, on doit reprendre notre sort en main".

Contre l'écotaxe et la fiscalité verte

Si le PTB-Go! affirme que la lutte contre le changement climatique est leur priorité, il s'oppose à l'écotaxe et la fiscalité verte : "On ne va pas changer les problèmes écologiques au niveau de la consommation, on doit les changer au niveau de la production", explique Raoul Hedebouw. C'est là que l'on produit le plus de déchets, il faut donc commencer par là selon lui.

 

C. Biourge

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