Raoul Hedebouw: "Nous comparer à l'extrême-droite, c'est un scandale"

C'est l'un des deux partis sortis vainqueurs du scrutin communal de dimanche dernier qui était l'invité de Jeudi en Prime. Raoul Hedebouw, député fédéral, porte-parole du PTB. Celui qui poussait la liste liégeoise ne cache pas sa joie après les résultats de dimanche, tant à propos des mauvais chiffres du MR - "la droite s'est pris une belle raclée, je m'en réjouis" - que de la victoire de sa formation politique : "Le rapport de force est en train de s'établir. On n'a jamais vu autant le PS parler de mesures de gauche que depuis que le PTB monte dans les sondages, et maintenant sur le terrain, avec le résultat des élections."

Des discussions entre le PS et le PTB ont débuté ou sont en passe de l'être. Liège, Molenbeek, Charleroi, Herstal : le PTB acceptera-il de monter au pouvoir ? "On est prêt à faire des compromis. Mais si les compromis arrivent à des compromissions, ça n'aidera pas."

Interrogé sur ses priorités, Raoul Hedebouw parle logement ("on veut 30% de logements sociaux dans tous les nouveaux projets"), dénonce la gestion urbaine de ces dernières décennies ("Nos villes ont été gérées comme des entreprises dans une vision libérale dont le but est d'attirer les investisseurs immobiliers et les touristes"), mais sans annoncer le grand soir : "Il ne faut pas faire croire que le PTB va faire la révolution du jour au lendemain. On est un parti responsable. On est allé négocier de manière constructive."

Plus de logements sociaux, une gratuité des transports en commun ? Comment financer ces mesures ? Raoul Hedebouw évoque une taxe sur les grandes surfaces de 600 mètres carrés, mais surtout, prévient que les communes "dirigées par le PTB appelleront à des frondes. Nous refusons, comme parti de gauche, de devoir choisir entre la peste et le choléra. Les communes doivent entrer en résistance" contre l'austérité budgétaire. Le PTB veut "arracher une refinancement des villes"

Le PTB doit-il être traité comme l'extrême-droite et donc être entouré du cordon sanitaire ? Des voix néerlandophones l'évoquent, au sud du pays aussi. De quoi susciter la colère de Raoul Hedebouw : "Nous comparer à l'extrême-droite, c'est un scandale. L'extrême-droite, elle est basée sur le racisme, la division des gens. Nous, c'est le contraire, on lutte contre le racisme." Le marxiste réfute même l'étiquette d'extrême-gauche : "Le PTB n'est pas un parti d'extrême-gauche, mais de gauche. C'est les autres qui sont extrêmes, les libéraux. Moi, je ne suis pas extrémiste."

 

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