Raoul Hedebouw: "De Wever avec ses 10.000 euros par mois, il comprend rien à la réalité"

Au lendemain de la manifestation en faveur d'une sécurité sociale plus forte, Raoul Hedebouw était l'invité de Thomas Gadisseux sur Matin Prem1ère. D'emblée, le porte-parole du PTB, réitère sa méfiance vis-à-vis des partis actuellement en train de négocier un gouvernement fédéral de plein exercice.

Pour lui, la mobilisation de ce mardi 28 janvier est un enième signal de la rue de plus en plus distante de la politique: "Il faut arrêter de déléguer à de vains négociateurs dont ne sait pas de quoi ils parlent, tout cela nourrit l'apolitisme des gens. C'est pourquoi il est important de mobiliser les gens. On doit arrêter de croire que les solutions vont venir du dessus. Les partis traditionnels ont pris une claque le 26 mai, la N-VA en premier et ils tentent de faire un hold-up sur ces résultats".

"Aucun des informateurs n'a daigné nous téléphoner"

Interrogé sur le rôle distant du PTB pendant ces négociations, Raoul Hedebouw rappelle que si son parti reste au balcon c'est parce qu'il n'a pas été invité aux négociations."Depuis les élections du 26 mai, aucun des informateurs n'a daigné nous téléphoner. C'est un déni démocratique de fond." Et d'ajouter qu'il est nécessaire de rendre l'espoir à la population. "La lutte peut faire changer les choses, regardez en France, c'est pour cela que l'on lance la Grosse Colère, notre marche contre la scission de la Belgique."

"Un hold-up électoral"

Ce n'est pas neuf, Raoul Hedebouw ne porte pas le président de la N-VA Bart De Wever et son programme dans son coeur. "Monsieur De Wever veut diviser le pays en 2024. Pour cela, monsieur De Wever ment, il est en train de faire pourrir la situation. Les Flamands n'ont pas voté pour la scission de la Belgique en 2024, cela ne faisait pas partie des enjeux du 26 mai. C'est un hold-up électoral. Ce que veulent les gens, y compris les Flamands, c'est une pension à 1500 euros, net, pas brut. Lui avec ses 10.000 euros par mois, il comprend rien à la réalité".

Car pour le PTB, le problème est le "fédéralisme de la concurrence" dans lequel le pays se serait perdu selon lui. Une fédéralisation résultat des réformes successives portées par l'ensemble des partis traditionnels, y compris ceux de gauche précise Raoul Hedebouw. "On a quatre ministres de la mobilité, bloqués comme tout le monde dans les embouteillages".

Faut-il pour autant revenir à la "Belgique de papa" comme sous-entendu par le président du MR Georges-Louis Bouchez dans le magazine Wilfried? Celui qui est également chef de groupe de son parti à la Chambre balaie la question d'un revers de la langue: " Moi je crois à la solidarité. Alors pas pour revenir à la Belgique de papa. Moi le coté Brabançonne, les colonies, etc. ce n'est pas ma tasse de thé. Je crois plutôt en la solidarité entre les peuples."

Banaliser le Vlaams Belang ?

Concernant la très controversée rencontre entre son président de parti Peter Mertens (PTB-PVDA) et Tom Van Grieken (président du Vlaams Belang), Raoul Hedebouw  préfère parler de combat et de rappeler l'absence de cordon médiatique en Flandre. "Faire reculer les fachos, c'est démonter point par point leur programme. Le titre de l'article est d'ailleurs la phrase de Peter Mertens à Monsieur Van Grieken 'Vous êtes un homme dangereux'. Nous on ne danse pas la macarena avec l'extrême droite, on préfère lutter.

Et de conclure sur l'épisode de Gilly, près de Charleroi, où la police locale est intervenue violemment lors d'une manifestation contre la création d'un nouveau parti d'extrême droite, symptomatique selon lui de la difficulté pour les mouvements de gauche de lutter au quotidien contre la montée de l'extrême droite et du fascisme.

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