Radicalisme: Molenbeek va réaliser une cartographie de ses lieux sensibles

La bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean, Françoise Schepmans.
La bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean, Françoise Schepmans. - © ERIC LALMAND - BELGA

Le gouvernement fédéral s'est accordé vendredi sur la répartition d'un subside d'un million d'euros afin de lutter contre le radicalisme et le djihadisme. Dix communes se partageront l'enveloppe comme l'a expliqué le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA): Molenbeek, Anderlecht, Bruxelles-Ville, Schaerbeek, Liège, Anvers, Malines, Maaseik, Vilvorde et Verviers. 

En Région bruxelloise, Molenbeek-Saint-Jean, qui totalise une trentaine de départs en Syrie, obtiendra 150 000 euros. A quoi va servir ce montant? Pas forcément à engager du personnel de prévention. Mais d'abord à cartographier les lieux sensibles sur le territoire communal. Pour rappel, Molenbeek avait reçu la visite de Jan Jambon le 17 septembre dernier, lequel avait rencontré les équipes anti-radicalisme de la police et de la prévention. "Grâce à ces 150 000, nous allons pouvoir avoir une action plus globale et réaliser cette cartographie", explique la bourgmestre Françoise Schepmans (MR). "Nous voulons étudier les raisons du radicalisme dans certains lieux et certains groupes à Molenbeek."

Cibler l'entourage des mosquées

L'objectif n'est pas d'effectuer le même travail que celui des agents de la Sûreté de l'Etat, qui opèrent déjà des missions de surveillance. Molenbeek veut faire de la prévention : "Il est important de pouvoir cibler l'entourage de ces mosquées pour pouvoir leur proposer des actions amèneront ces personnes à sortir de cette radicalisation." Ensuite "de développer des projets pour travailler avec des acteurs, éducateurs, associations et des mosquées qui souhaiteraient travailler avec nous. Nous avons vu des imams démunis. Eux aussi demandent un soutien de la part des communes."

100 000 euros pour Schaerbeek, 75 000 pour Bruxelles et Anderlecht

Le million d'euros débloqué par le Fédéral est un one-shot. Bernard Clerfayt (FDF), bourgmestre de Schaerbeek, estime que les 100 000 euros que sa commune recevra sont une bonne chose "mais ce ne sera pas suffisant". Il plaide à nouveau pour la mise en place d'un "numéro vert radicalisme" au niveau national comme celui qui vient d'être lancé en France.

Eric Tomas (PS), bourgmestre d'Anderlecht (75 000 euros de subsides) estime lui aussi cette somme "insuffisante". "Si le ministère fédéral a trouvé des budgets disponibles et qu'il y a un problème de radicalisme, celui-ci ne sera pas évacué en un an", estime le mayeur qui attend des instructions avant de pouvoir utiliser son budget correctement. "J'espère que ces moyens seront pérennisés pendant quelques années, au moins jusqu'à ce que le phénomène ait disparu".

Anderlecht totalise aussi une trentaine de dossiers liés au radicalisme entre des personnes partis en Syrie, des retours de Syrie et des individus qui présentent des risques de radicalisation. Des informations que le bourgmestre voudrait plus souvent mises à jour: "Le phénomène prend moins d'ampleur ces derniers temps. Mais bonne coordination est nécessaire. Au niveau bruxellois d'abord et ensuite avec le Fédéral. On est en manque de collaboration et d'information dans les deux sens. Je reçois des informations tous les trois mois et elles ne changent pas fondamentalement d'une fois à l'autre. Donc je ne sais pas si elles sont véritablement actualisées".

A noter que la Ville de Bruxelles recevra également 75 000 euros.

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