Racisme contre Cécile Djunga: réactions du monde politique

Le coup de gueule de Cécile Djunga contre les réactions racistes au coeur du débat politique (LIVE)
Le coup de gueule de Cécile Djunga contre les réactions racistes au coeur du débat politique (LIVE) - © Tous droits réservés

Outre le dossier ouvert par UNIA (l'Institut qui lutte contre la discrimination et défend l’égalité des chances), le coup de gueule sur Facebook de Cécile Djunga provoque une série de réactions politiques et un débat d'actualité au sein du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

La jeune femme a expliqué hier via son compte Facebook être victime de messages racistes de la part d'internautes et téléspectateurs depuis un an.

Réactions au Nord et au Sud du pays

Le président du PS Paul Magnette s'est scandalisé dans Matin Première de la banalisation de ce racisme, notamment chez les politiques.

La secrétaire d'Etat bruxelloise à l'Egalité des Chances, Bianca Debaets (CD&V), a plaidé jeudi pour le lancement, à l'échelon fédéral, d'un plan de lutte contre le racisme. Elle a aussi invité Cécile Djunga à déposer une plainte de manière effective. Elle juge qu'en cas d'identification, les auteurs doivent être poursuivis.

Notre société devrait pourtant être fière de disposer d'une personnalité telle que Cécile Djunga. Cette Belge d'origine congolaise, comédienne et présentatrice, est à mes yeux un modèle de réussite dont peuvent s'inspirer de très nombreux jeunes, notamment les Belges d'origine étrangère, parfois en panne de repères et en recherche de modèles.

Pour la secrétaire d'Etat bruxelloise à l'Egalité des Chances, "les injures que Cécile Djunga doit subir régulièrement sont une insulte à notre société multiculturelle". Selon Mme Debaets, le centre pour l'égalité des chances, Unia, n'a jamais ouvert autant de dossiers liés au racisme qu'aujourd'hui. Près d'un quart de ces dossiers concernent l'incitation à la haine sur Internet.

La secrétaire d'Etat a par ailleurs précisé qu'elle avait lancé, au cours des dernières années, diverses initiatives contre le racisme, notamment une charte avec les trois principaux syndicats, des ateliers contre l'antisémitisme, des jeux contre le racisme et des soirées-débats sur l'afrophobie.

La Région bruxelloise a également renforcé son ordonnance antidiscrimination, introduit le "mystery shopping" pour l'emploi et approuvé un plan antiracisme.

"Mais cela ne suffit pas et c'est effrayant de constater qu'à d'autres niveaux de pouvoir, on reste si silencieux dans cette lutte contre le racisme qui demande pourtant une énergie constante... Il est donc grand temps, au niveau fédéral, qu'un plan national de lutte contre le racisme et les discriminations voie le jour", a-t-elle conclu.

Débat au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Au sein du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de nombreuses réactions "émues" et "révoltées" se sont fait l'écho de l'état d'esprit des députés francophones. Beaucoup ont parlé de la "libération de la parole raciste". 

Olivier Maroy (MR) a cité l’écrivain Umberto Eco pour parler de la nécessaire modération des forums sur les plateformes des médias en ligne : "Eco a dit que 'les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d'imbéciles qui, avant, ne parlaient qu'au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite alors qu'aujourd'hui ils ont le même droit de parole qu'un prix Nobel. C'est l'invasion des imbéciles.'"

Christos Doulkeridis (Ecolo), fortement touché, a remis en question les campagnes de lutte contre le racisme menées par les gouvernements successifs : "Trop de campagnes touchent davantage des 'déjà convaincus'. Il faut avoir le courage de réfléchir autrement dans nos moyens d’action. Et ne pas oublier que le racisme peut être le fait de tout le monde, pas que des 'Belgo-belges', il faut mener des campagnes vis-à-vis de tous les publics."

Il a également dénoncé "les élus, voire les ministres qui utilisent des vocables qui, avant, étaient ceux de l’extrême droite" citant le "je vais nettoyer le parc" (de Théo Francken) comme un "dérapage raciste clair".

Éliane Tillieux (PS) a salué l'attitude constructive de "l'ensemble des démocrates en cette période électorale". Elle s'interroge sur l'ampleur du phénomène au sein de la RTBF. 

Enfin, Jean-Claude Marcourt (PS), en tant que Ministre des médias, en charge de la RTBF, a affirmé qu'il "assumerait [ses] responsabilités" et envisagerait les voies légales pour "défendre l’honneur de Mme Djunga". Il a conclu sur le fait que tous les ministres en charge de l'éducation sont concernés : 
 

Nous pouvons empêcher l’expression [du racisme], mais il faut surtout empêcher le mal à la racine : travailler, de l’école maternelle à l’université sur l'apprentissage de la tolérance et le droit à la différence.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK