Rachid Madrane (PS) plaide pour "une communautarisation du sport" en Belgique francophone

Invité de Matin Première, le ministre socialiste des Sports de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rachid Madrane, a plaidé pour une meilleure cohérence au niveau de la gestion du sport en Belgique francophone. 

"Il y a un paradoxe dans notre pays", explique-t-il. "Pour le moment, je crois que je suis le seul ministre au monde qui a la politique sportive et qui doit développer des politiques sportives amateurs et de haut niveau, ce que l'on fait, mais je n'ai pas les infrastructures, je ne suis pas compétent pour les infrastructures. Il y a un ministre en Région wallonne et à Bruxelles qui sont compétents pour les infrastructures. Donc, moi, quand je développe les stratégies avec les fédérations et qu'elles me disent quels sont leurs besoins, on essaie d'établir des stratégies, mais je dois aller consulter un autre ministre"

Autrement dit, "l'expertise sportive, c'est nous. Qui a les contacts avec le comité olympique, c'est nous. Qui discute avec les fédérations ? C'est la communauté française. Mais les choix et les investissements sont faits par les Régions. C'est anachronique quoi ! Et donc, ce que je pense qu'il faut faire aujourd'hui, c'est qu'il faut, en matière de sport, ramener les choses vers une plus grande centralisation". 

Un seul ministre, comme en Flandre

Pour toutes ces raisons, dit-il, "il faut une communautarisation du sport. C'est à dire de faire ce que les Flamands ont fait. C'est à dire qu'il y ait un seul ministre du sport pour l'ensemble des francophones bruxellois et wallons de notre pays, et que je puisse à ce moment-là avoir la compétence et les moyens pour construire les infrastructures en fonction des stratégies et des besoins des fédérations. Et je suis sûr que cela marcherait !"

Si le ministre ne veut pas parler de régionalisation ou de réforme de l'État, il déclare que "si on veut encore être plus efficace en matière de sport, transférons la compétence à la Communauté française. Il y a un ministre des Sports qui peut le faire et qui est tout disposé à le faire si on lui en donne les moyens"

Et d'ajouter : "Chaque région, chaque sous-région, souhaite avoir son infrastructure. Mais il vaut mieux construire des infrastructures qui correspondent aux besoins des fédérations et des athlètes. Et donc, tout cela doit se faire dans une stratégie cohérente". 

>>> À lire également : "Valérie De Bue répond à Rachid Madrane: un seul ministre des Sports, oui, mais un ministre wallon"

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