R. Demotte: pas de "jackpot ad vitam" pour les certificats verts

Le ministre-président wallon Rudy Demotte
Le ministre-président wallon Rudy Demotte - © RTBF

Le ministre-président wallon Rudy Demotte regrette que Jean-Marc Nollet ait porté dans les médias le débat sur l'électricité avant toute discussion au sein du gouvernement. Ce sont les consommateurs qui paieront les 2,5 milliards d'euros dus au dérapage du système des certificats verts, dit-il à la RTBF. Il faut modifier ce système, en s'inspirant de ce que fait la Flandre.

Le ministre wallon de l’Energie Jean-Marc Nollet souhaite que les ménages puissent recevoir 500 kWh d’électricité gratuite par an dès 2014. Interrogé par Bertrand Henne, le ministre-président de la Wallonie Rudy Demotte est plus prudent et refuse de confirmer cette annonce: "Cette discussion se fait aujourd’hui dans les médias, mais elle n’a pas eu lieu au sein du gouvernement. Notre problème est que nous avons un stock de dette de 2,5 milliards d’euros lié aux certificats verts photovoltaïques". Dans l’ensemble de la production d’électricité, le photovoltaïque ne constitue que 2%, alors qu’il représente 20% de la facture des clients, poursuit Rudy Demotte: "Il y a un problème, le système s’est emballé depuis 2010. Il y avait 152 000 certificats verts en 2009, on est à 3 304 000 certificats verts en 2012. Le système a dérapé. Les 2,5 milliards d’euros seront payés à un moment donné par les citoyens, par les consommateurs". Annoncer que les ménages wallons recevront de l’électricité gratuite "pose problème" à Rudy Demotte: "La gratuité n’existe pas, il y a toujours quelqu’un qui paie au bout du compte. Il est légitime de porter le débat, mais pour le porter avec la force qu’il faut, il faut d’abord rechercher le consensus dans le gouvernement".

25 fois plus généreux en Wallonie qu’en Flandre

Même s’il admet qu’on aurait dû agir plus tôt pour éviter le dérapage du système des certificats verts (qui est 25 fois plus généreux en Wallonie qu’en Flandre), il refuse d’y voir une erreur politique : "Au départ, les certificats verts se justifient. C’est de l’énergie renouvelable et cela représente 3000 emplois. Mais on ne peut pas garantir le jackpot ad vitam pour le système, et c’est là qu’il y a une erreur. Il faut mettre le pied sur le frein par rapport au futur. Or aujourd’hui, on n’entend toujours pas de solution qui stoppe l’hémorragie. En tout cas, le mécanisme ne peut plus être maintenu en l’état. Il faudrait s’inspirer de ce que fait la Flandre : elle a réduit le nombre de certificats verts et elle en réduit le montant".

Bientôt l'éolien?

Pourquoi le gouvernement wallon a-t-il laissé déraper le système aussi longtemps ? "Nous attendions une initiative" du ministre en charge de l’Energie "qui devait être discutée au sein du conseil des ministres, et elle a pris aujourd’hui une autre tournure. Par ailleurs on va retrouver ce débat sur les certificats verts dans d’autres secteurs, l’éolien notamment. La production d’énergie renouvelable est plus coûteuse ; la question est de savoir si on le fait de manière sociale, en tenant compte des revenus des gens ou pas. En tant que ministre-président, je tiens évidemment à ce que ce soit le plus juste, correct et équitable possible, en permettant aussi au budget de la Wallonie de résister à ce qui se passe aujourd’hui" conclut Rudy Demotte.

A.L. avec B. Henne

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